lettre au commissaire-enquêteur: partie 5

voici la dernière partie de la contribution de l’association à l’enquête publique. Elle porte sur les surfaces commerciales et sur le manque de sincérité de l’information mise à la disposition des habitants de Bois-Colombes.

IX. Nous ne sommes pas convaincus pas l’intérêt public  des surfaces commerciales :

Les emplois commerçants vont disparaître. Il se passera plusieurs années entre la destruction des commerces existants et la reconstruction. Les clientèles seront irrémédiablement perdues et le temps de reconstitution sera long. Nous posons la question de la réinstallation des commerces existants, au delà de la simple déclaration d’intention.

Nous sommes très inquiets du flou de la cité artisanale. Il s’agit d’une dénomination habilement flatteuse qui  cache mal son flou. Dans un contexte économique tendu, commencer par favoriser des pertes d’emploi pour des emplois créés dans un futur lointain manque de cohérence. On peut remarquer l’absence de la prise en compte des surfaces commerciales prévues au sein des programmes actuellement en cours d’Asnières (4 routes et Avenue Argenteuil) et de Bois-Colombes avec les programmes Smirlian et Argenteuil – Bourguignons (du moins tel que l’a conçu la mairie). Les surfaces commerciales du programme Smirlian sont de l’ordre de 700 m2 et celles du programme  de Argenteuil – Bourguignons de 1000 m2.  Tous ces programmes sont accompagnés d’une offre très importante en commerces  (en quantité et en qualité).  L’augmentation de la population est –elle suffisante au regard de cette très forte création de commerces ? Aucune étude de marché n’a incluse dans les documents fournis.

Aucune étude n’est faite concernant les conséquences sur les commerces existants, notamment sur la rue des Bourguignons. Ceux-ci peuvent craindre une diminution de leur clientèle.

On traite avec désinvolture et mépris la disparition des commerces (façades bariolées) ‘L’avenue d’Argenteuil est une vitrine commerçante, avec cependant une prédominance de façades bariolées’.

On veut substituer des enseignes franchisées à du petit commerce de proximité, ce qui est une perte d’identité. Nous ne souhaitons pas un quartier qui ressemble à tous les autres. Comme cela se passe pour les Bruyères,  les loyers des surfaces commerciales vont très fortement augmenter. Les actuels commerçants ne pourront pas les assumer.

Le dossier d’enquête préalable à la déclaration d’enquête publique précise page 28 ‘l’ensemble de ces commerces générera la création d’environ 180 d’emplois (30 emplois environ seront supprimés du fait de la déconstruction de certains commerces ».  Nous voulons plus d’informations sur la projection des emplois créés : sont-ils réellement créés, ou simplement déplacés ? Comment s’effectue le calcul, est il une projection ? Nous sommes très surpris de l’imprécision du nombre d’emplois détruits ; il est très important humainement de connaître le nombre exact d’emplois détruits et de connaître l’engagement de la municipalité en faveur de ces personnes qui vont perdre leur emploi. Nous soulignons le ridicule qu’il y a à utiliser avec pudeur le mot déconstruction, alors qu’il s’agit de destruction.

 X. Nous tenons à souligner le manque de sincérité de l’information de la municipalité :

A titre liminaire,  nous rappelons qu’information n’est pas équivalent à communication. Trop souvent, nous nous avons eu affaire à une communication partielle et partiale, qui ne permet pas d’appréhender le projet dans toutes ses dimensions (humaines, sociologiques, environnementales, financières) et d’en apprécier le ratio avantages/inconvénients.

Nous dénonçons la communication de la municipalité qui annonce systématiquement depuis plusieurs années le doublement du parc Pompidou alors que celui-ci n’est agrandi que d’un tiers.

Enfin, le maire de Bois-Colombes affirme qu’il a été élu en 2008 notamment sur la base du projet qu’il avait présenté sur la Zac PLM.   Nous ne sommes pas persuadés qu’un tel argument soit recevable. Cependant, étant donné que M. Bertucco Van Damme a précisément indiqué accepter ce type d’arguments et  évoqué les documents de campagne de M. Révillon comme un des éléments de communication sur la Zac PLM.

Voici quelques exemples de cette communication :

Journal de Bois-Colombes n° 63. Page 2

En ce qui concerne l’activité économique, la modification du PADD vise  à ‘favoriser le développement de commerces de proximité en préservant les activités économiques qui résistent difficilement aux pressions immobilières’. Nous dénonçons cette communication qui est totalement contraire à la réalité du projet de la Zac PLM : les petits commerces ne sont pas préservés.

Journal de Bois-Colombes n° 63. Page 3

Dans la tribune du maire, celui ci précise que les habitants apprécient  le caractère pavillonnaire du quartier Nord.

 Journal de Bois-Colombes n° 74. Janvier Février 2008. Page 3

Nous sommes très choqués par le fait que l’information concernant la Zac PLM n’a pas évolué par rapport au crayonné. Le journal fait un résumé de la réunion publique du 29 janvier 2008. Lors de cette présentation au public, le projet a une réalité visible, avec des projections en 3 dimensions. Le journal continue cependant à présenter un simple plan, très difficile à apprécier. Nous dénonçons le fait que la mairie n’ait pas saisi là une occasion de  préciser le projet.

Journal n°80. Février Mars 2009 Page 16

Un article a été inséré dans le journal de Bois-Colombes, à la demande du commissaire enquêteur sur la modification du PLU.

Nous regrettons que le nombre de studettes étudiantes soit intégré dans le décompte des logements sociaux qui seront créés dans le cadre de la Zac PLM.

Nous regrettons que l’abandon de l’opération tiroir ne soit pas justifié au delà d’une phrase qui  n’explique rien «  Une opération tiroir a été envisagé mais s’est avérée techniquement délicate (proximité de l’immeuble R+9 à démolir ensuite) et d’un surcout difficilement supportable ».

Journal de Bois-Colombes n° 87. Eté 2010 Page 15.

 Il s’agit de la seule présentation en 3D du projet de la Zac. Nous dénonçons le fait que le schéma ne s’accompagne d’aucun descriptif et de ce fait minore le projet. L’information de la municipalité est parcellaire.

Journal de Bois-Colombes Décembre Janvier 2011 En une et les pages 11 -14.

A nouveau, la présentation du projet est la simple délimitation de la Zac PLM. Il faut noter que la taille de la photo des dossiers (sic) est de la même taille que celle   du périmètre. Aucun autre photo ou schéma n’est informatif.  Nous regrettons en particulier que ne soit jamais mentionnée qu’une enquête d’utilité publique soit rendue nécessaire. Nous insistons sur le flou du dossier : pas de dates précises, pas de nombre de logements créés, etc. Nous dénonçons enfin que ne soient jamais mentionnées et expliqué l’ensemble des éléments financiers : coût des maisons déjà acquises par la mairie. Coût des terrains, coût des équipements publics, etc. Nous avons le droit de savoir quel est le montage financier.

Journal de Bois-Colombes n ° 93. Octobre Novembre 2011. Page de Une

Nous dénonçons le fait que la municipalité publie une photo d’un panneau Bouygues pour évoquer le projet de la Zac PLM. Nous rappelons avec insistance que la mairie ne saisit jamais les occasions qu’elle suscite pourtant elle même pour présenter le projet dans sa globalité, ni dans le nombre de logements créés, ni dans le nombre de logements détruits, ni dans la hauteur des bâtiments (pièce jointe n° 24).

Journal de Bois-Colombes n °94. Décembre Janvier 2012 Une et  pages 11 à 15

Nous dénonçons à nouveau le manque de réalisme du dessin de la une du journal. Il est anormal que la mairie ne joue pas la sincérité et ne présente pas un schéma réel, au lieu d’un dessin digne d’une plaquette publicitaire qui sous entend une taille du parc proche d’un parc tel que Bagatelle. La présentation du « canal » est particulièrement mensongère car ce « canal » n’est en réalité qu’un fossé, le plus souvent sec. De plus, compte tenu des consignes de sécurité, il n’est pas accessible au public, comme dit dans l’étude d’impact.

 En conclusion de notre argumentaire qui expose notre opposition au projet actuel de la Zac PLM,  nous signalons que comme signalé dans l’article Wikepédia consacré aux enquêtes publique l’enquête publique, seul vrai moment où les habitants peuvent s’exprimer, intervient à un moment très tardif de l’opération ce qui tend à la rendre caduque.

Le président lui-même des commissaire-enquêteurs réduit le rôle du commissaire-enquêteur à celui d’une explication du projet. Dans ces conditions, et dans la mesure où comme nous l’avons vu plus haut, les occasions pour les habitants de s’exprimer en pleine connaissance du dossier ont été inexistantes, c’est le principe même de concertation qu’on discrédite ainsi, on décourage l’engagement citoyen dans la vie de la cité

En conclusion, nous sommes totalement opposés au projet de la Zac PLM. Nous en demandons une réécriture qui tienne compte des habitants actuels, du bâti existant. Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, il est encore temps pour un véritable travail de concertation qui ne se réduise pas à une présentation d’un projet décidé en dehors des habitants. Nous pouvons partir de la situation actuelle et réunir architecte urbaniste, aménageur, riverains non expropriés, expropriables/expulsables, élus, représentants de l’économie locale, etc.

Le retard que l’on va nous opposer immédiatement  peut être largement rattrapé ensuite grâce aux bénéfices d’un assentiment collectif ainsi obtenu : de surcroit, la réécriture d’un projet concerté peut générer au final des économies qui profiteront à tous .la conviction est préférable à la brutalité. L’adhésion à un projet est préférable à un projet imposé de force.

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Lettre au commissaire-enquêteur: partie 4

L’association conteste que  le projet actuel de la Zac PLM respecte le bâti de qualité, respecte la vie de quartier et favorise la mixité sociale  Nous contestons les avantages environnementaux affichés et l’attention portée aux nuisances.

VII. Nous contestons que  le projet actuel de la Zac PLM respecte le bâti de qualité, respecte la vie de quartier et favorise la mixité sociale :

Il est écrit dans le dossier de la Zac PLM qu’elle ‘vise à requalifier un territoire manquant de cohérence’. Il est écrit page 27 du dossier préalable à la déclaration d’utilité publique que  ‘le périmètre, dont le découpage est complexe, tien compte de la réalité de l’état des terrains et vise à reconstruire la ville sur elle-même en substituant à un tissu en voie de dégradation un habitat moderne et respectueux de l’environnement’.  Nous contestons l’emploi de vocabulaire peu précis et demandons à comprendre la cohérence des autres quartiers de la ville et la soi-disant non cohérence du quartier Nord.

Il est écrit dans le dossier de la Zac PLM qu’elle a pour  ‘but de protéger et de valoriser le tissu pavillonnaire de qualité.’ Nous refusons cette affirmation car de nombreux pavillons de qualité ont déjà été détruits et d’autres sont menacés. La lecture du dossier d’impact montre en réalité que le bâti identifié comme vétuste est peu nombreux.

Le bâti le long de l’avenue d’Argenteuil est extérieurement en harmonie avec le reste du quartier.  Nous regrettons le parti pris des façades identiques à celles de nombreux autres quartiers et détruisant ainsi le charme de Bois-Colombes. Les façades des immeubles de l’Avenue d’Argenteuil ne sont pas dégradées.

Le projet de la Zac PLM va densifier de façon exagérée le quartier Nord, induisant un déséquilibre dans les conditions de vie et d’accès aux équipements publics de ce quartier. A titre de comparaison, la Zac des Bruyères va créer 1200 logements sur 20 hectares et 1100  à 1200 logements sur 5 hectares pour la  Zac PLM.

Il existe à l’évidence un déséquilibre de traitement entre les quartiers Nord et Bruyères, sans parler du fait que le centre  de Bois-Colombes n’est pas touché par la densification, alors qu’il est au moins aussi proche des transports. Il est important pour le bien-être d’une ville toute entière que la densification, si elle doit avoir lieu, soit repartie de façon équitable.

La surface nette des  logements créés dans la Zac PLM sera à 94 % destinée au logement privé (les logements sociaux n’étant que de la restitution). Nous remarquons donc que des terrains municipaux sont cédés afin de permettre un bénéfice d’un aménageur privé, ce qui ne peut correspondre à la définition de l’intérêt public.

Le dossier d’enquête préalable à l’enquête d’utilité publique précise page 26 « la mixité sociale est également mis en avant dans le sens où la Zac prévoit la réalisation de logements en accession à la propriété en majorité mais également des logements locatifs bénéficiant d’un financement aidé et d’une résidence étudiante bénéficiant d’un financement aidé sur l’îlot Pompidou ».  Nous voulons plus d’informations sur le sens exact de l’expression de mixité sociale au sens de la Zac Nord.

Compte tenu du fait évoqué plus haut que du point de vue de l’habitat en termes de logements sociaux,  il y a une simple restitution (en nombre et surface) de ceux détruits,  la seule création ferme est représentée par les logements étudiants (puisque tout le reste n’est que de l’accession libre).

Nous remarquons et regrettons que la municipalité choisisse de détruire 280 logements et de déloger  625 habitants pour loger 140 étudiants. Ces studettes auraient pu être réalisées sur les parcelles libres existantes.

Nous contestons l’affirmation indiquée dans le dossier  préalable à la déclaration d’enquête publique selon laquelle 25 % des logements créées sont des logements sociaux.

Il n’y a que restitution (en nombre et surface) de ceux détruits.  La seule création ferme concerne les logements étudiants, soit à peine 6% de la SHON.

Compter les studettes étudiantes (20m2 SHON en moyenne) comme autant de logements sociaux est en contradiction avec la convention activité habitat qui indique en page 14 une SHONB moyenne requise de 80 m2 par logement.

Si nous appliquons les principes de la convention, les 140 logements étudiants ici ne représentent que 42 logements, en équivalent surface.

Toujours en appliquant le critère de surface, les 50 600 m2 SHON de logements en accession justifient la construction d’environ 140 logements sociaux (180 environ en nombre) : nous constatons donc un « manque » de 90 logements selon le critère de superficie.

Nous notons qu’au niveau de la ville, les différents projets de logements sociaux en cours ou programmés donnent les chiffres suivants: ceux construits dans le cadre cœur de Bruyère  représente strictement 20% des logements en accessions construits ; la dernière phase de la Zac des Bruyères prévoit 20 % de logements sociaux. S’il se réalise, le projet Argenteuil-Bourguignons va dégager un solde positif de 16 logements sociaux.  Enfin, un programme de 58 logements sociaux est en cours au 2 Capitaine Guynemer mais à quelques unités près, il ne fera que « compenser » l’important programme libre prévu sur le triangle Guynemer Europe préfiguré en page du dossier de présentation de la modification du PLU 2009.

Un programme de logements sociaux est peut-être prévu dans le périmètre Bourguignons Corentin Cloarec mais nous en ignorons le nombre. Il faut savoir qu’il devra compenser les programmes libres déjà actés (les permis de construire sont en effet accordés) : le programme Bourguignons-Cloarec (50 + 20 logements = 70 logements), le programme Smirlian (80 logements), le programme au 1 Charles Chefson (28 logements). Nous obtenons  un total de 180 logements à l’accession, ce qui justifie la construction de 45 logements sociaux. Il  faudrait donc que 120 logements sociaux soient construits dans le périmètre Argenteuil-Cloarec.
Nous demandons à ce que la municipalité prenne un engagement ferme sur le déficit en logements sociaux générés par la Zac PLM.

Démolition de l’immeuble de 114 logements sociaux au 38 rue Armand Lépine. L’immeuble est déclaré obsolète. Aucun document  et étude expliquant le caractère obsolète de cet immeuble n’accompagne l’enquête publique. Le grand immeuble du 38 Lépine a fait l’objet d’une rénovation lourde en 1995. Le grand immeuble du 38 Lépine a été construit en même temps que les 4 petits immeubles à la même adresse (comme l’atteste le permis de construire). Ceux ci ont bénéficié d’une rénovation pour un montant de 2, 203 22 millions € TTC.

L’immeuble est présenté comme un immeuble des années 70, sous entendant une architecture aujourd’hui désavouée.  A nouveau, nous faisons remarquer le peu de sérieux du travail préparatoire qui ne cite même pas la bonne date de construction : le permis de construire a été déposé en 1958.

On peut  noter que les étages 4 à  9 du grand immeuble ont fait l’objet d’un renforcement de structure (pour application de la règle de défense passive). On peut faire remarquer qu’un immeuble quasi identique au quartier Bruyères 2 rue capitaine Guynemer à Bois-Colombes est conservé. La réhabilitation des immeubles  et non pas leur démolition /reconstruction est une tendance lourde. Nous citerons un seul exemple, emblématique, que l’on peut voir sur le site de la préfecture de la région IDF : la rénovation d’une tout de logements sociaux à Paris, pour un montant total de 11, 2 millions € (pour 100 logements).  Il  est symbolique d’une volonté de » réaliser un projet  une architecture contemporaine dans le cadre d’une rénovation lourde ». Il est à signaler que le projet a obtenu le label de bâtiment  à haute performance énergétique.

Le projet de la Zac PLM est justifié notamment par un manque de logements et commence par détruire des logements, amplifiant le manque de logements invoqué pour la justifier. On créer une situation auto réalisatrice ! Ce manque de logement concerne  très largement les logements sociaux ou à prix/loyer modeste,  ce que disent à la fois la fondation abbé Pierre et le SDRIH et on détruit un immeuble  de logements sociaux et des logements modestes pour leur substituer des logements à 5000€/m2, donc réservés aux 10% des ménages les plus aisés. Dans ces conditions, nous considérons qu’invoquer le besoin de logements pour justifier l’utilité publique n’est pas recevable car ces logements ne sont pas adaptés à la population victime du manque de logements.

La hauteur de l’immeuble a été souvent invoquée pour justifier sa démolition.  La hauteur des immeubles prévus pour le remplacer n’est inférieure que de 3 mètres.

La reconstruction se fera en bordure de départementale, sur l’avenue d’Argenteuil,  sur des terrains moins nobles. Nous ne comprenons pas pourquoi si une reconstruction est nécessaire, elle ne s’effectue pas sur le même terrain. Faut il comprendre que le projet de la Zac PLM va privilégier la construction des immeubles en accession privée ? Une bien mauvaise vue de la mixité sociale. Ce choix d’implantation a été choisi pour que les immeubles sociaux  fournissent un écran phonique aux immeubles privés, comme cela a été mis en avant dans l’opération immobilière Argenteuil-Bourguignons (secteur Uapm), projet de la municipalité de Bois-Colombes.

Les démolitions des immeubles et la reconstruction se feront sur fonds publics. Il est normal que la population dispose d’un tableau comparatif listant les avantages et inconvénients des deux possibilités : démolition/reconstruction et ou rénovation.

La rotation du parc HLM ne libère qu’entre 30 et 40 logements sociaux par an à Bois-Colombes, ce qui est très insuffisant au regard des 700 demandes (lu dans le dossier Argenteuil Bourguignons). Le relogement des 114 logements du grand immeuble du 38 Lépine induit un blocage de la situation des autres demandeurs de logements sociaux, contribuant à un engorgement.

Dans le document de l’enquête préalable de la DUP pour le projet Argenteuil Bourguignon, page 21, on signale que ‘cette Zac [la Zac PLM] permettra de créer environ 1140 logements, dont 140 sociaux et une résidente étudiantes de 140 logements ‘.  Il s’agit d’une présentation mensongère puisque la Zac PLM ne créée aucun logement social et se contente de remplacer les logements sociaux détruits.

Le projet  de la Zac PLM a prévu le remplacement des logements sociaux  des années après la destruction de l’immeuble du 38 Lépine. Il avait été présenté aux habitants du 38 que l’immeuble social reconstruit serait le résultat d’une opération tiroir. Encore une fois, il n’y a aucune explication technique et de tableau comparant avantages et inconvénients, qui justifie l’abandon de la promesse faite aux habitants de réaliser une opération tiroir.  Nous tenons à la disposition le DVD de la réunion publique à la disposition du commissaire-enquêteur et du préfet.  Il n’est absolument pas sérieux de prétendre qu’il est techniquement difficile de réaliser une opération tiroir, en raison de l’immeuble R+9. Nous signalons que cet immeuble était nécessairement présent lors de la proposition de l’opération tiroir. Nous rappelons que les moyens techniques existent bien pour démolir un immeuble de 9 étages dans un environnement urbain.

De fait, la destruction  programmée du grand immeuble induit un déficit de logements sociaux dans le quartier Nord. Ces logements sont paradoxalement toujours comptabilisés  pour établir le % des logements sociaux de la ville. Il existe une cohérence à libérer l’espace occupé actuellement par le stationnement de surface au 38 Rue Lépine. Récupérer cet espace ne nécessite pas de démolir l’immeuble du 38 Lépine. L’espace libéré par l’ancienne surface commerciale Mondial Moquette permet largement de créer des stationnements de sous sols. L’argument technique de l’impossibilité de créer des parkings de sous sol dans un environnement  urbain dense n’est pas recevable,  puisque le parking du centre ville est un exemple de construction de stationnement en sous sol réalisé dans un environnement encore plus dense et contraignant.

La mairie affirme que tous les urbanistes qu’elle a consultés recommandaient  la démolition du grand immeuble du 38 Lépine. Nous  rappelons que seul le projet choisi par la mairie a été présenté aux habitants. Nous n’avons pas eu accès aux autres propositions.  De plus, nous ne connaissons pas le cahier des charges qui a été fourni lors de la consultation.

Compte tenu du montant de la somme d’argent public en jeu, et ce  dans un contexte économique et social. La nécessité de réaliser des économies d’argent public est présentée comme une urgence  absolument nécessaire.  Nous demandons que soient communiqués au public les documents complets techniques explicitant l’obsolescence de l’immeuble du 38 Lépine.  Nous demandons également un devis comparatif détaillé comparant destruction/ reconstruction versus rénovation. Les critères d’appréciation d’un projet n’ont pas à être réservés au service technique de l’urbanisme. Ils doivent être mis à la disposition de tous, d’autant que les habitants comptent dans leur rang des professionnels.

L’analyse conduisant à la prise de décision ne doit pas être réservée à quelques personnes. Les décideurs sont redevables et comptables de l’usage qui est fait de l’argent public. La destruction de l’immeuble du 38 Lépine n’est pas essentielle au projet de la Zac PLM.

VIII. Nous contestons les avantages environnementaux affichés et l’attention portée aux nuisances :

Nous dénonçons le caractère non engageant de toutes les propositions de l’aménageur. Ainsi, page 28 de l’enquête préalable à la déclaration d’enquête publique : ’ l’aménageur souhaite valoriser les énergies renouvelables locales comme l’énergie solaire. L’intégration architecturale des panneaux solaires  fait l’objet d’une attention particulière de la part de l’aménageur. Une solution géothermale est également à l’étude par l’aménageur’. Nous faisons remarquer que l’aménageur pourra décider lui même, en fonction de critères qui ne sont pas définis le choix des énergies renouvelables et leur apport dans les dépenses totales d’énergie.

Le dossier ne fait qu’évoquer des possibilités (géothermie, qualité des revêtements)-. On nous répondra que c’est un projet évolutif alors que nous en sommes aux derniers actes permettant d’obtenir des engagement des l’aménageur. On ne peut pas se contenter de promesses vagues. Derrière des études pseudo scientifiques qui donnent quantité de chiffres, en retour, l’aménageur ne s’impose rien comme obligations. Si on a beaucoup d’informations sur la situation actuelle et sur les instruments de mesure utilisées il y a un grand flou sur les engagements voire des manques certains : or seuls les écrits engagent.

Plus loin, ‘l’aménageur prévoit la mise en place d’une gestion alternative des eaux pluviales au moyen d’un bassin de rétention’ et page 29 ‘ dans le cas où le bassin de rétention est à ciel ouvert, la ville de Bois-Colombes devra mettre en place les mesures nécessaires afin d’assurer la sécurité des habitants du quartier’. Nous dénonçons le fait que l’aménageur présente un bassin à ciel ouvert comme une potentialité et non pas une certitude : en effet, le bassin de rétention est systématiquement présenté à ciel ouvert dans les dossiers d’impact. De plus, aussi bien l’aménageur que la municipalité se servent de ce simple bassin de rétention dans son iconographie de communication  du projet de la Zac PLM. Ce bassin devient un véritable canal à la manière de Venise. Nous dénonçons donc ce lyrisme contraire à la rigueur qu’on attend d’un dossier de présentation et nous exigeons des engagements fermes de la municipalité pour assurer la sécurité du bassin de rétention de jour et de nuit, et ce chaque jour de l’année.  Nous voulons connaître également savoir comment la municipalité va gérer les problèmes d’odeur inhérents à toute eau stagnante. Nous n’imaginons pas l’emploi de produits chimiques au sein d’un quartier décrit comme à la pointe de l’écologie. Il nous faudra un engagement ferme et définitif sur les moyens écologiques d’entretien du dit bassin.

Les chantiers seront quasi permanents pendant 10 ans et vont induire d’importantes nuisances sonores,  visuelles. Si dans les deux étapes d’impact, il y a un long chapitre sur les réductions des nuisances de chantier, nous avons constaté qu’elles n’ont pas été respectées lors des: en particulier,  il y a eu une quantité de poussières, en raison de l’impossibilité d’avoir accès l’eau. Il est à noter que de l’école Gramme  et la crèche l’Envolée sont à proximité immédiate des futurs chantiers. Ils seront directement et durablement affectés par les travaux (Phase 1, phase 4 et réaménagement de la rue Gramme).

Lettre au commissaire-enquêteur: partie 1

En passant

Le quartier Nord de Bois-Colombes s’est fortement mobilisé à l’occasion de l’enquête publique sur le projet de la zac Nord : lettres, rencontres avec le commissaire-enquêteur, commentaires inscrits dans les registres, pétition signée par plus de 400 habitantsCette remarquable réaction prouve à la mairie que le projet actuel de la Zac n’est pas accepté par les habitants. Nous attendons une réécriture du projet qui se fasse avec nous !!

L’association ADN-BC a déposé une lettre  à l’intention du commissaire-enquêteur. Compte tenu de sa longueur, nous la mettrons en ligne sur plusieurs jours.
Voici les deux premiers paragraphes.

I. Nous contestons les intérêts sociaux de la création de la Zac PLM :

II. Nous contestons que les dépenses  des fonds  publics servent l’intérêt public :

I. Nous contestons les intérêts sociaux de la création de la Zac PLM :

Le dossier préalable à la déclaration de l’enquête préalable de la Zac PLM détaille page 28 et 29 les avantages sociaux. En réalité, il présente uniquement et vaguement les avantages d’un écoquartier (qui ne répond pas du tout à la charte des écoquartiers).

Nous soulignons et regrettons que la dimension humaine ne soit jamais présentée : en effet, 240 familles seront à terme obligées de quitter leurs logements, de vendre leurs biens de gré ou de force. Un projet d’aménagement urbain doit avoir comme mission d’intérêt public de préserver les habitants du quartier, bien avant de s’intéresser aux conséquences environnementales. Nous tenons à voir évaluées les conséquences humaines de ce projet. Le dossier préalable à la déclaration d’enquête publique présente uniquement page 40 un paragraphe intitulé ‘Mesures pour limiter les expropriations et évictions’. Il est à souligner et à regretter que ce paragraphe ne donne pas l’ampleur des logements à détruire. Il est également à noter que «  les négociations sont en cours avec certains propriétaires mais elles n’aboutissent pas’. Est ce parce que les prix proposés par l’aménageur sont inférieurs au prix du marché de l’immobilier local ? Ou est ce parce que les propriétaires n’ont aucune envie d’être chassés de leur ville ?

 Nous contestons que les dépenses  des fonds publics servent l’intérêt public :

 Nous contestons le fait que les conditions d’acquisition des terrains municipaux proposés à l’aménageur soient  favorables à la ville, comme l’affirme la communication municipale.

Nous nous étonnons que l’évaluation des fonciers Pompidou et Le mignon se soit faite à un prix très inférieur au marché. Le prix du m2 foncier n’est jamais inférieur à 2000 /m2, comme par exemple le 1 rue Chefson (2920 €/m2). Considérer que les équipements publics réalisés par l’aménageur (220€ par m2 SHON construit) compensent  la sous-évaluation de ce foncier est faux et revient à dire que c’est la commune qui finance les équipements publics et non l’aménageur, comme il est affirmé dans le traité de concession et le dossier de réalisation.

 Nous dénonçons le montage financier qui est préjudiciable à la ville et favorable à l’aménageur. La  mairie ne peut vendre des parcelles à un prix inférieur à celui auquel elle les a acquises. Or la délibération du conseil municipal du 5 juillet 2010 révèle un montage financier très avantageux pour Bouygues.

La mairie décide de vendre les terrains en bloc. L’évaluation des Domaines pour l’ensemble des parcelles est de 9 975 000€. La mairie décide de vendre à Bouygues l’ensemble des biens communaux pour 7 762 842€ car elle a décidé d’accorder une remise à Bouygues Immobilier  pour le portage foncier des terrains. Le montant de la remise accordée à Bouygues : 2 212 218€.

Il est prévu dans le traité de concession que Bouygues paiera l’ensemble des terrains une fois que le Permis de Construire du terrain Le Mignon sera définitif, purgé de ses derniers recours. Bouygues a commencé en septembre la commercialisation des 3 premiers programmes et annonce un début de construction pour le début 2012. En France, on ne peut pas construire sur un terrain dont on n’est pas propriétaire. Il n’y aura donc pas de portage foncier pour les programmes Vert Vitalité, Vert Nature et Vert Harmonie. Le portage concerne uniquement les terrains communaux sur lesquels seront construits les phases 2 à 4.

Le prix payé par la municipalité pour les terrains concernés par les phases 2 à 4  est de 2 729 273€, à comparer avec le prix de la remise, 2 212 218€.  Bouygues paie donc seulement 517 000€ des terrains que les habitants de la ville de Bois-Colombes ont payés 2 729 273€.

Le montage financier très avantageux pour Bouygues est contradictoire avec la lettre du maire du 5 juillet 2011, qui précise : ‘Il est important de souligner que cette opération n’est pas subventionnée par la commune  et que c’est l’aménageur, Bouygues, qui prendra à sa charge la totalité des coûts et des risques de cette opération d’aménagement ‘.

Considérer que cette remise compenserait le portage foncier des acquisition que Bouygues devra faire n’est pas recevable : dans cette opération, l’aménagement est intimement lié à la promotion immobilière et cette opération s’inscrivant dans la durée, c’est un moyen pour l’aménageur de garantir un volume d’activité à la promotion immobilière.

Nous avons le sentiment que tout au long de l’élaboration du projet actuel de la Zac,  les intérêts de l’aménageur ont primé sur ceux de la collectivité !

Nous contestons également le coût de reconstitution des espaces verts A la date de signature du traité de concession, la mairie avait déjà dépensé 3 725 000 € pour l’achat de parcelles permettant de reconstituer 3 011m2 des 3785 m2 rasés pour construire le lot E. La seule  reconstitution de ces 3 785 m2  peut être estimée potentiellement à 4 682 540 €. C’est le double de la valorisation retenue pour la part du square Pompidou vendu à l’aménageur.

Aujourd’hui nous en sommes à 4 754 000 € d’acquisitions pour le futur parc avec 4 267m2 de foncier sur les 6 700 m2 nécessaires, à mettre en regard du prix de cession des 10 500 m2 d’espaces verts à Bouygues. Nous tenons les éléments de calcul à la disposition du commissaire-enquêteur et du préfet.

Nous pouvons remarquer compte tenu des prix de vente pratiqué pour les programmes en prévente (Vert Vitalité, Vert Harmonie et Vert  Nature sur les squares Pompidou et le Mignon)  qu’en prenant en compte tous les postes de dépenses, il reste 40 % pour les frais de commercialisation et la marge de Bouygues Immobilier.

Nous contestons que l’offre immobilière permette à de nombreux ménages d’acquérir un bien.

L’enquête préalable à la déclaration d’enquête publique précise page 27-28 ‘ le projet va permettre à un nombre important de ménages de poursuivre leur parcours résidentiel en leur offrant la possibilité d’accéder à la propriété’. Nous contestons ce point de vue pour deux raisons. En premier lieu,  Il ne sera pas possible pour la majorité des propriétaires concernés par l’enquêter parcellaire de devenir propriétaires d’un logement sur la Zac PLM. En conséquence, leur parcours résidentiel s’arrêtera à Bois-Colombes car les propositions basses d’achat de leurs biens ne leur permettra pas non plus de racheter dans a ville ou dans les villes avoisinantes. En second lieu, les prix de vente au m2 des futurs logements de la Zac PLM sont élevés et ne seront accessibles qu’à une frange de la population, qui elle a le choix de venir s’implanter où elle le désire.

Nous contestons que les prix d’acquisition proposés par la mairie soient en adéquation avec les prix du marché : de fait, les propriétaires ont des propositions systématiquement en dessous de la valeur de leur bien. Nous vous proposons plusieurs exemples non nominatifs pour des raisons de respect de la vie privée mais nous tenons ces exemples à la disposition du commissaire-enquêteur et du préfet. D’autres exemples pouvant être fournis

Exemple 1 : septembre 2008. Estimation des domaines : 476 000€. Proposition de la mairie  : 400 000€. Prix définitif de vente  :440 000€

 Exemple 2 : juillet 2008. Prix de vente proposé : 115 000€. Proposition de la mairie :85 000€. Prix définitif de vente      –   85 000€

Exemple 3 : février 2010. Estimation des domaines : 478 000 €. Proposition de la mairie : 430 000 €. Prix définitif de vente : 450 000 €

Nous trouvons également regrettable la démarche de la mairie, qui  profite d’un effet d’aubaine (décès, licenciement, divorce) pour être particulièrement exigeante lors des négociations de prix. Il y a dissymétrie dans le rapport de négociation  et la mairie est en position de force.  La mairie a le temps pour elle, ce qui n’est pas le cas des propriétaires obligés de vendre suite à un accident de la vie.

 Il est précisé page 27 que «  l’aménageur fait preuve d’une diligence importante concernant l’acquisition des biens en adéquation avec le marché immobilier local ».   Nous contestons formellement que tel soit le cas puisque nous savons que les prix proposés par Bouygues sont nettement inférieurs au prix du marché local. Nous tenons des exemples de propositions à votre disposition.

 Nous dénonçons avec la plus grande fermeté les pressions permanentes exercées par l’aménageur pour contraindre les propriétaires à vendre. Ainsi, il a été « conseillé «  par le représentant de Bouygues à des propriétaires de vendre avant décembre 2011, afin d’éviter une taxe sur les plus-values.

Nous dénonçons l’emploi de méthodes illégales qui visent à pénétrer dans des logements, sous des prétextes fallacieux.  Des experts mandatés par l’aménageur se sont déplacés chez des particuliers pour mesurer la taille des appartements.

 Nous dénonçons le fait qu’un propriétaire ait été contacté par un notaire appelant pour une date de compromis de vente, mandaté par Bouygues, alors que le propriétaire avait clairement refusé la proposition jugée ridiculement basse de l’aménageur.

Nous dénonçons le fait que l’aménageur ait appelé directement sur la ligne téléphonique mobile de propriétaires alors que ceux ci n’avaient pas donné leurs  les coordonnées du téléphone mobile.

Nous dénonçons le fait que les représentants de Bouygues harcèlent véritablement propriétaires et locataires. La liste des manquements de l’aménageur à un code de bonne conduite est longue et  nous exigeons que l’aménageur cesse ses agissements et que la mairie donne des assurances écrites pour appuyer notre demande de bonne conduite.

Il est précisé page 27 du dossier préalable à la déclaration de l’enquête préalable de la Zac PLM que ‘ conformément au traité de concession, l’aménageur doit proposer des solutions de relogement ou de départ en étroite concertation avec la Ville’. Nous exigeons de la part de l’aménageur que soit mise en place une cellule de relogement qui ne soit pas réduite à un interlocuteur dont les conditions de fonctionnement seront équitables et transparentes et que les personnes concernées puissent se faire assister par toute personne de leur choix lors de ses rencontres.

Croquemitaine

Dans le quartier Nord de Bois-Colombes, on croule sous les affichages de Permis de Construire et Démolir: Permis de Construire pour le square Pompidou, Permis de Construire pour le 1 rue Gramme, Permis de Démolir  de l’immeuble du 38 Lépine,  Permis de Construire  pour le square Le Mignon,  Permis de Démolir …

Une multiplication des actes en très peu de temps qui confine au rouleau compresseur, cela alors que l’enquête d’intérêt public est  en cours et ce jusqu’au 17 février. Le message que la mairie veut nous envoyer est très clair: cette enquête n’est qu’une formalité ! Et pourtant la loi dit le contraire ! Alors que faut il croire ?  Le commissaire enquêteur ne serait t-il qu’une marionnette, là que pour donner l’illusion de la concertation et du débat démocratique ?

Tout cela s’inscrit d’ailleurs dans le prolongement du matraquage marketing démarré conjointement par Bouygues et la mairie dès le mois d’août :

  • Plus  de 30 panneaux publicitaires, tout cela sur quelques dizaines de mètres ;
  • Le site internet de Bois Colombes renvoyant sur le site commercial de Bouygues dès qu’on clique  « pour plus d’information » ! *
  • la commercialisation par Bouygues des programmes, sur des terrains pas encore payés et sans permis de construire, avec ouvertures de bureaux de vente un  peu partout dans la ville.

 Le message  de Bouygues est clair, la mairie nous a donné les clefs du territoire. Le fait est qu’il y a là une part de vérité quand on lit dans le traité de concession

 Et dans le même temps,  la mairie dégrade le quartier, rase des pavillons en parfait état sur des parcelles sur lesquelles la construction ne commencera que dans 3 ou 4 ans !

Selon la mairie, il faut les démolir « pour éviter l’installation de squatts». Est-ce que c’est la première chose à faire quand ils invoquent le besoin de logements pour justifier l’opération.  Ailleurs, la mairie loue temporairement les logements qu’elle a acquis et ce jusqu’au début des travaux.

Non, la véritable raison est bien plus cynique. Il faut rendre le quartier insupportable, sinistre, y compris même en supprimant les quelques guirlandes lumineuses qui décoraient au moment de Noël la place Larribot ou le square Pompidou ! La mairie a fièrement  annoncé avoir installé 4 kilomètres de guirlandes dans Bois-Colombes,  et n’a même pas trouvé quelques mètres pour la Zac Nord.

 Surtout pas ! Tous les moyens sont employés par la mairie pour dévaloriser le quartier. Ainsi, pour les riverains, ceux qui n’auront pas été chassés, Bouygues et la mairie apparaitront comme les « sauveurs » de ce quartier qu’ils se seront préalablement employés à dégrader.  Les habitants n’auront alors d’autre choix que d’accepter ce qu’ils auraient refusé à l’origine.

Non, il ne s’agit pas d’un fantasme, bien au contraire.  Cette stratégie de dégradation d’un quartier est connue depuis des années et décrite dans ses moindres détails : on peut même trouver le mode d’emploi (http://s331669971.siteweb-initial.fr/urbanisme-%C3%A0-visage-humain/  )

Et la méthode est bien au point: en même temps qu’elle  dégrade, la mairie fait PEUR.

Vous vous rappelez quand nous étions enfants, nos parents nous menaçaient du Croquemitaine pour nous obliger à manger des choux de Bruxelles.

Ici avec la mairie, c’est « ON » qui tient le rôle du Croquemitaine. Si vous n’êtes pas dociles « ON » peut encore densifier plus, « ON » peut vous mettre aussi à la place des tours.

Alors restez chez vous, n’intervenez pas pendant l’enquête publique ou seulement pour applaudir le projet car sinon, le pire est à craindre  … ! Car « ON » est en embuscade !

 STOP ! Nous refusons de nous laisser ainsi infantiliser. Nous ne nous laissons pas manipulé par la peur , nous sommes des adultes ayant les même capacité d’analyse et de réflexion qu’un élu. Notre refus du projet de la ZAC est étayé par des avis d’experts.

Examinons posément la situation : Quelles sont les raisons de la mairie pour imposer une Zac dans le quartier Nord ?

Le manque de logements en France :

Et on commence par doubler le déficit de logements, à l’échelle Bois-Colombes, en en détruisant 240 avant d’ avoir construit le premier ?

Et on construit des appartements de luxe alors que les ménages qui ne trouvent pas de logements  appartiennent aux classes moyennes ou modestes,

Et on affirme que Bois-Colombes devrait augmenter son parc de logements de plus de 20 %,   alors que les besoins, en France, représentent  3% des logements existants, selon les estimations les plus fortes.

 Tout cela est il cohérent ?

Tout aussi peu cohérent que de priver  10 000 habitants de 35% d’espaces verts publiques pour que 60 privilégiés aient vue sur le square ! Car telle est la conception d’un éco quartier pour Bouygues  et la mairie.

 Agiter la menace de tours supplémentaires, comme seul argument pour défendre le projet est faire injure à l’intelligence des habitants.

Nous ne nous laissons pas abuser par des explications sommaires. Il n’existe pas de vérité établie et tout doit être démontré, prouvé et justifié.

Exprimons un avis clair dans les registres  de l’enquête publique.  Exigeons des  réponses  autres que  « tout le monde le sait », » c’est comme cela », « cela pourrait être pire ».  Refusons  cette infantilisation et  exigeons  que notre futur quartier soit réalisé AVEC nous et non pas par des gens qui s’autorise à penser à notre place.

* Sur le site de la mairie, donc du service public (http://www.bois-colombes.com/pratique/urbaplu.php), quand on clique sur le bandeauOn tombe directement sur un site marketing Bouygues, une entreprise privée !!

Dossier d’enquête préalable à la Déclaration d’Utilité Publique

 Nous mettons en ligne le Dossier d’enquête préalable à la Déclaration d’Utilité Publique: lisez là avec attention, nous en parlerons ensemble !

Le commissaire enquêteur Bernard Bertucco Van Damme sera notre interlocuteur durant l’enquête publique concernant la ZAC Nord. Chacun de nous peut aller écrire son avis dans le registre disponible dans la mairie durant toute la durée de l’enquête publique (mi janvier à mi février), ou prendre un rendez-vous avec Mr Van Damme.

dossier à télécharger en cliquant sur le lien: DDUP

Défendons l’idée d’un quartier Nord fait AVEC nous. Notre avis compte !!

« L’extension » de la ZAC des Bruyères à Bois –Colombes est en cours. Bientôt le tour de la ZAC Nord ?

Dans le quartier des Bruyères, un secteur ne faisant pas partie de la ZAC des Bruyères de Bois-Colombes a été attribué à l’aménageur de cette ZAC, par une série de préemptions qui a fait comprendre aux potentiels vendeurs qu’ils n’avaient d’autres alternatives que de vendre à l’acquéreur choisi par la mairie.

Ce qui se passe actuellement dans le quartier sud de Bois-Colombes peut se passer également au nord de Bois-Colombes.

 » Extension » de la ZAC des Bruyères », mode d’emploi: Préemptions et reventes immédiates dans la foulée !

Il existe un triangle appelé Guynemer-Europe. Mesurant 6524 m2, il ne fait pas partie du périmètre des Bruyères mais en est mitoyen.

L’aménagement de la ZAC des Bruyères a été confié à Sefri-Cime en 2001.

En 2004, le 10 février, un périmètre d’étude dit « Europe » est créé, à la périphérie de la ZAC, mais hors ZAC. Le triangle Guynemer-Europe, qui  d’ailleurs n’en est pas contigu,  ne fait pas alors  partie de ce périmètre d’étude.

quelques unes des maisons du triangle Guynemer-Europe

A partir de 2006, dans le triangle Guynemer-Europe (hors ZAC),  plusieurs acquisitions ont lieu, en utilisant des méthodes qui paraissent étonnantes, voire préoccupantes :

– préemptions successives ;

– proposition de prix de la mairie très inférieure à celui de la vente qui allait être signée chez le notaire quand la préemption lui a été annoncée ;

– reventes immédiates à l’aménageur de la ZAC pour lequel on modifie le PLU  (Plan Local d’urbanisme).

Ainsi :

 1) La propriété située 7-9 Rue du capitaine Guynemer est préemptée par la mairie, puis est revendue  très vite à Sefri-Cime le 3 juillet 2006.

Au même moment, (6 juin 2006) le périmètre d’étude Europe est étendu pour inclure le triangle Europe-Guynemer. NB La vente du 7 Guynemer a probablement déclenché l’extension du périmètre d’étude (*).

Il est à noter aussi que ce périmètre est figé par une « constructibilité limitée » : les habitants ne peuvent plus entreprendre aucun extension ou modification,  le temps que la mairie décide du futur de ce périmètre.

(*) Il s’écoule moins d’un mois entre  cette modification du zonage et la vente à Sefri-Cime. La préemption a précédé la délibération de modification du secteur.

2) Le propriétaire du pavillon situé 32 Avenue de l’Europe  a trouvé un acheteur mais la mairie préempte et  propose un prix nettement inférieur. Le vendeur est obligé de faire fixer le montant par le juge aux expropriations. La mairie revend  dans la foulée à Sefri-Cime, le 2 octobre 2007.

3) Une propriété située au 21 rue Guynemer est à son tour préemptée en 2007: la préemption est levée quand il vend à l’acquéreur choisi par la mairie, Sefri-Cime.

4) Les  propriétaires du secteur Guynemer-Europe ont désormais compris que s’ils veulent vendre, ce sera à Sefri-Cime. En 2008, quelques jours après la réélection de Mr Révillon, l’aménageur signe le même jour (24 avril 2008)  l’achat simultané de 5 propriétés : les 19 -21 – 23 rue du capitaine Guynemer et les 24-28 avenue de l’Europe.

5)  Les ventes continuent en 2009 avec l’achat par Sefri-Cime de la propriété située au 30 avenue de l’Europe, le 9  janvier  2009. D’autres ventes suivront en 2010 et 2011.

6) «  Cadeau » supplémentaire : la  modification en 2009 du PLU 2007,  permet désormais la construction d’immeubles de 6 à 7 étages sur ce triangle Guynemer-Europe :

 Aujourd’hui

Demain

Extraits du PL modifié, voir le site de la mairie.

 7) dans une réponse au Grand Paris présentée au conseil municipal en octobre 2011, la mairie précise son projet de densification : « le secteur des Bruyères, directement concerné par une gare Grand Paris, ne dispose plus qu’aujourd’hui que d’une capacité de développement limitée et identifiée aux seuls secteurs « sud » de la ZAC des Bruyères et du périmètre dit « Guynemer-Europe ». (**)

 (**) Projet de délibération du Grand Paris Express. Avis du conseil municipal sur la territorialisation des objectifs « logement ». Octobre 2011.

La chronologie des évènements autour de la ZAC des Bruyères démontre qu’un aménageur implanté à Bois-Colombes bénéficie décidément d’une bienveillance extraordinaire de la part de la municipalité.

Qu’en est il sur le quartier Nord ?

Et s’ils appliquaient ce système bien rodé de « l’extension » à la ZAC Nord ?

La mairie reproche « vous cherchez à faire peur aux gens ».

Notre objectif n’est pas de faire peur mais de vous alerter, Oui, cela peut faire peur mais nous n’avons aucune raison de dissimuler des faits que vous pouvez d’ailleurs vérifier par vous-même.

Regardons la réalité en face : Ce qui se passe dans la partie Sud de Bois-Colombes peut se passer dans la partie Nord de Bois-Colombes:

1) d’abord parce que la mairie déclare au conseil municipal du 13 décembre 2001 qu’un promoteur est libre d’acheter des parcelles (voir notre article ZAC ou hors ZAC : c’est l’aménageur qui choisit) ;

2) Ensuite parce que le PLU 2007 permet déjà la construction d’immeubles hors ZAC. A proximité de la ZAC Nord, le long de la rue de l’agent Sarre : Une bande a été créée en « vue du renouvellement que pourra occasionner le prolongement de la ligne T1 du tramway »; elle autorise des constructions de 15 m ;

3) enfin parce que les zones contiguës à la ZAC Nord peuvent toujours bénéficier d’un changement de zones, comme cela s’est passé pour le secteur contigu à la ZAC des Bruyères.

Pour l’instant, les zones contiguës à la ZAC Nord sont des zones dites Uc et Ud. La zone Uc autorise des constructions jusqu’à 18 m et la zone Ud est une zone pavillonnaire : ce qu’était le secteur Guynemer-Europe jusqu’en 2007.

Notons que le secteur Guynemer-Europe n’est pas un cas isolé puisque une même démarche   (préemption, revente à l’aménageur, modification du PLU), a eu lieu entre 2004 et 2010, entre l’avenue de l’Europe et la rue de Bois-Colombes: c’est ce qui a permis à Sefri-Cime de construire l’immeuble de 8 étages (130 logements) du programme « Cœur des Bruyères».

La mairie joue sur les mots : il n’y a pas d’extension du périmètre de la ZAC ! En effet puisqu’il s’agit d’une extension des constructions d’immeubles dans des zones mitoyennes de la ZAC, décidée justement au nom d’une harmonisation des hauteurs d’immeubles avec ceux  construits préalablement dans la ZAC.

En conclusion, alors que nous souhaitons que l’évolution de nos quartiers se fasse avec transparence, sincérité et en concertation,  la création de la ZAC Nord tout comme l’histoire de ces secteurs du quartier des Bruyères montrent que la mairie a choisi une stratégie n’ayant que l’apparence d’une concertation. En réalité,  élus, «  experts »  et constructeurs privés  confisquent toutes les décisions.

IL EST  URGENT DE SE MOBILISER CONTRE LA ZAC NORD POUR OBTENIR UNE REVISION EN PROFONDEUR DU PROJET, QUI SEULE GARANTIRA L’AVENIR DE NOTRE QUARTIER ET  SES HABITANTS.

L’urbanisme à visage humain, se passe … ailleurs !

Les villes de Bois-Colombes, Colombes, Gennevilliers et Asnières-sur-Seine se sont rapprochées pour former à partir de 2013 un groupement intercommunal.

Tous les habitants de Bois-Colombes ont reçu la lettre de Mr Révillon, datée du 28 novembre 2011, annonçant les réunions publiques organisées pour préparer l’intercommunalité.

Quel dommage ! La date de la réunion publique consacrée à l’urbanisme était fausse : annoncée pour le 13 décembre, elle a eu lieu en le 7 décembre.

extrait de la lettre du maire

Un membre d’ADN BC a découvert incidemment le matin du 7 sur les sites des 3 autres communes que la réunion se tenait le soir même. ADN-BC a participé par ses interventions  à cette réunion. Réunion  primordiale pour comprendre  le futur proche commun de nos 4 villes. Nous avons en particulier pu souligner les contradictions entre le projet ZAC nord et les règles à venir qu’ils veulent appliquer : préservation du tissu pavillonnaire et social,  respect de l’habitat existant, volonté de permettre aux habitants de rester dans leur quartier après une rénovation.

Tout  ce que défend ADN-BC et qui justifie son opposition au projet de la ZAC Nord.

Ce soir-là, Mr le maire de Bois-Colombes a souligné que les nouvelles règles du Plan Local d’Urbanisme de notre ville permettaient d’empêcher des promoteurs d’acheter plusieurs petites parcelles contigües, pour construire des immeubles, même petits.

Nous autres habitants du quartier Nord apprécions l’ironie de cette règle : la construction de 73 000 m2 est prochainement envisagée, notamment en expropriant des propriétaires de petites parcelles contigües.

Nous attendons que les principes de rénovation urbaine énoncés dans le cadre du rapprochement des villes de la boucle Nord, soient aussi respectés à Bois-Colombes.

De gauche à droite : Mr Sarre (maire de colombes), Mr Bourgoin (maire de Gennevilliers), Mr Pietrasantra (maire d’Asnières sur Seine), Mr Révillon (Bois-Colombes)