Rencontre ADN BC Bouygues Immobilier

 Il y a quelques semaines, Bouygues Immobilier a proposé une rencontre entre des responsables du projet de la Zac Nord et le bureau d’ADN-BC.

Étaient présents pour Bouygues immobilier : La Directrice du service Aménagement,le Responsable des acquisitions foncières, le Responsable technique, et le Responsable du Projet Aménagement.

Les représentants de Bouygues nous ont refait la chronologie de la Zac Nord. Nous leur avons signalé que nous maitrisions l’historique de la Zac. Les représentants de Bouygues sont venus nous présenter les 3 programmes déjà mis en prévente. Ils ont ensuite proposé d’examiner les points de désaccord suscités par les plans et maquettes déjà établis. Nous leur avons exposé que le problème était beaucoup plus profond que cela et que les habitants demandaient un réexamen du projet et ce pour les raisons déjà largement avancées : absence de concertation, projet élaboré sans la participation des habitants, projet ne prenant pas en compte le quartier existant, projet plaqué sur le quartier quand il aurait du s’insérer harmonieusement, projet qui va affecter durablement la qualité de vie du quartier.

A la suite de cette réunion, nous avons reçu un mail de Bouygues Immobilier dont voici la teneur : « Ainsi que nous avons pu vous l’exposer, Bouygues Immobilier est titulaire d’une concession pour l’aménagement de la Zone d’aménagement concerté Pompidou-Le Mignon. La ZAC a été créée en juillet 2008 par approbation du Conseil Municipal, à l’issue d’une procédure de concertation conduite pendant une année, dont les modalités avaient elles-mêmes été approuvées par délibération du Conseil Municipal de Bois-Colombes. Le programme et le schéma d’aménagement contenus dans le dossier de création, en tous points conformes au PLU en vigueur, ont été approuvés par délibération du Conseil Municipal dans la stricte application de la procédure prévue au Code de l’Urbanisme. Bouygues Immobilier a été désigné aménageur à l’issue d’une consultation publique et a signé en mai 2010 un traité de concession d’aménagement préalablement approuvé par le Conseil municipal. En qualité d’aménageur, nous sommes chargés de définir précisément le projet urbain, et à cet effet, nous avons mené jusqu’à ce jour des études importantes notamment d’ordre technique et d’urbanisme. Nous sommes également missionnés pour acquérir les terrains, réaliser les travaux d’aménagement, financer et construire les équipements publics, et réaliser ou faire réaliser les programmes immobiliers. Le projet urbain, tel qu’il se définit à ce stade par le programme d’ensemble, le plan masse et les projets des lots, est parfaitement conforme aux documents d’urbanisme en vigueur. Il reste néanmoins un travail important à effectuer pour la mise au point définitive des projets de chaque lot et des équipements publics. ADN BC nous a demandé que les habitants du quartier participent au projet de la ZAC. Nous vous confirmons notre volonté d’associer les habitants à ce projet, et souhaiterions à ce titre étudier avec vous les conditions dans lesquelles nous pouvons mettre en œuvre cette association. Nous envisageons d’organiser prochainement une réunion publique de quartier. Dans l’esprit de concertation évoqué ci-avant, nous vous proposons de préparer cette réunion avec des représentants de votre association. Nous nous tenons à votre disposition pour répondre à toute question et pour organiser une prochaine réunion de travail à votre convenance. »

Compte tenu de l’absence de perspectives, nous avons en retour envoyé un mail au service Aménagement : « Au cours de cette réunion, nous avons clairement exposé qu’il n’y avait eu que l’apparence d’une concertation et en tout état de cause aucune concertation digne de ce nom. Nous avons été avertis, parfois très partiellement informés mais en aucun cas concertés. Nous avons aussi clairement exposé que le plan masse adopté ne nous convient pas, de part les conséquences qu’il induit. Si de votre point de vue, le plan masse est irrévocable, les points sur lesquels vous nous proposez de collaborer sont de notre point de vue marginaux. Votre offre ne correspond pas du tout à notre demande de réexamen du projet. Dans ces conditions nous ne pouvons que constater que participer à une préparation de réunion publique va quasi immédiatement déboucher sur une impasse et donc sera stérile. »

Nous attendons de Bouygues une prise de conscience de l’importance du mécontentement des habitants du quartier et une proposition de réécriture du projet, dans un cadre qui ne soit pas aussi limité.

Publicités

lettre au commissaire-enquêteur: partie 5

voici la dernière partie de la contribution de l’association à l’enquête publique. Elle porte sur les surfaces commerciales et sur le manque de sincérité de l’information mise à la disposition des habitants de Bois-Colombes.

IX. Nous ne sommes pas convaincus pas l’intérêt public  des surfaces commerciales :

Les emplois commerçants vont disparaître. Il se passera plusieurs années entre la destruction des commerces existants et la reconstruction. Les clientèles seront irrémédiablement perdues et le temps de reconstitution sera long. Nous posons la question de la réinstallation des commerces existants, au delà de la simple déclaration d’intention.

Nous sommes très inquiets du flou de la cité artisanale. Il s’agit d’une dénomination habilement flatteuse qui  cache mal son flou. Dans un contexte économique tendu, commencer par favoriser des pertes d’emploi pour des emplois créés dans un futur lointain manque de cohérence. On peut remarquer l’absence de la prise en compte des surfaces commerciales prévues au sein des programmes actuellement en cours d’Asnières (4 routes et Avenue Argenteuil) et de Bois-Colombes avec les programmes Smirlian et Argenteuil – Bourguignons (du moins tel que l’a conçu la mairie). Les surfaces commerciales du programme Smirlian sont de l’ordre de 700 m2 et celles du programme  de Argenteuil – Bourguignons de 1000 m2.  Tous ces programmes sont accompagnés d’une offre très importante en commerces  (en quantité et en qualité).  L’augmentation de la population est –elle suffisante au regard de cette très forte création de commerces ? Aucune étude de marché n’a incluse dans les documents fournis.

Aucune étude n’est faite concernant les conséquences sur les commerces existants, notamment sur la rue des Bourguignons. Ceux-ci peuvent craindre une diminution de leur clientèle.

On traite avec désinvolture et mépris la disparition des commerces (façades bariolées) ‘L’avenue d’Argenteuil est une vitrine commerçante, avec cependant une prédominance de façades bariolées’.

On veut substituer des enseignes franchisées à du petit commerce de proximité, ce qui est une perte d’identité. Nous ne souhaitons pas un quartier qui ressemble à tous les autres. Comme cela se passe pour les Bruyères,  les loyers des surfaces commerciales vont très fortement augmenter. Les actuels commerçants ne pourront pas les assumer.

Le dossier d’enquête préalable à la déclaration d’enquête publique précise page 28 ‘l’ensemble de ces commerces générera la création d’environ 180 d’emplois (30 emplois environ seront supprimés du fait de la déconstruction de certains commerces ».  Nous voulons plus d’informations sur la projection des emplois créés : sont-ils réellement créés, ou simplement déplacés ? Comment s’effectue le calcul, est il une projection ? Nous sommes très surpris de l’imprécision du nombre d’emplois détruits ; il est très important humainement de connaître le nombre exact d’emplois détruits et de connaître l’engagement de la municipalité en faveur de ces personnes qui vont perdre leur emploi. Nous soulignons le ridicule qu’il y a à utiliser avec pudeur le mot déconstruction, alors qu’il s’agit de destruction.

 X. Nous tenons à souligner le manque de sincérité de l’information de la municipalité :

A titre liminaire,  nous rappelons qu’information n’est pas équivalent à communication. Trop souvent, nous nous avons eu affaire à une communication partielle et partiale, qui ne permet pas d’appréhender le projet dans toutes ses dimensions (humaines, sociologiques, environnementales, financières) et d’en apprécier le ratio avantages/inconvénients.

Nous dénonçons la communication de la municipalité qui annonce systématiquement depuis plusieurs années le doublement du parc Pompidou alors que celui-ci n’est agrandi que d’un tiers.

Enfin, le maire de Bois-Colombes affirme qu’il a été élu en 2008 notamment sur la base du projet qu’il avait présenté sur la Zac PLM.   Nous ne sommes pas persuadés qu’un tel argument soit recevable. Cependant, étant donné que M. Bertucco Van Damme a précisément indiqué accepter ce type d’arguments et  évoqué les documents de campagne de M. Révillon comme un des éléments de communication sur la Zac PLM.

Voici quelques exemples de cette communication :

Journal de Bois-Colombes n° 63. Page 2

En ce qui concerne l’activité économique, la modification du PADD vise  à ‘favoriser le développement de commerces de proximité en préservant les activités économiques qui résistent difficilement aux pressions immobilières’. Nous dénonçons cette communication qui est totalement contraire à la réalité du projet de la Zac PLM : les petits commerces ne sont pas préservés.

Journal de Bois-Colombes n° 63. Page 3

Dans la tribune du maire, celui ci précise que les habitants apprécient  le caractère pavillonnaire du quartier Nord.

 Journal de Bois-Colombes n° 74. Janvier Février 2008. Page 3

Nous sommes très choqués par le fait que l’information concernant la Zac PLM n’a pas évolué par rapport au crayonné. Le journal fait un résumé de la réunion publique du 29 janvier 2008. Lors de cette présentation au public, le projet a une réalité visible, avec des projections en 3 dimensions. Le journal continue cependant à présenter un simple plan, très difficile à apprécier. Nous dénonçons le fait que la mairie n’ait pas saisi là une occasion de  préciser le projet.

Journal n°80. Février Mars 2009 Page 16

Un article a été inséré dans le journal de Bois-Colombes, à la demande du commissaire enquêteur sur la modification du PLU.

Nous regrettons que le nombre de studettes étudiantes soit intégré dans le décompte des logements sociaux qui seront créés dans le cadre de la Zac PLM.

Nous regrettons que l’abandon de l’opération tiroir ne soit pas justifié au delà d’une phrase qui  n’explique rien «  Une opération tiroir a été envisagé mais s’est avérée techniquement délicate (proximité de l’immeuble R+9 à démolir ensuite) et d’un surcout difficilement supportable ».

Journal de Bois-Colombes n° 87. Eté 2010 Page 15.

 Il s’agit de la seule présentation en 3D du projet de la Zac. Nous dénonçons le fait que le schéma ne s’accompagne d’aucun descriptif et de ce fait minore le projet. L’information de la municipalité est parcellaire.

Journal de Bois-Colombes Décembre Janvier 2011 En une et les pages 11 -14.

A nouveau, la présentation du projet est la simple délimitation de la Zac PLM. Il faut noter que la taille de la photo des dossiers (sic) est de la même taille que celle   du périmètre. Aucun autre photo ou schéma n’est informatif.  Nous regrettons en particulier que ne soit jamais mentionnée qu’une enquête d’utilité publique soit rendue nécessaire. Nous insistons sur le flou du dossier : pas de dates précises, pas de nombre de logements créés, etc. Nous dénonçons enfin que ne soient jamais mentionnées et expliqué l’ensemble des éléments financiers : coût des maisons déjà acquises par la mairie. Coût des terrains, coût des équipements publics, etc. Nous avons le droit de savoir quel est le montage financier.

Journal de Bois-Colombes n ° 93. Octobre Novembre 2011. Page de Une

Nous dénonçons le fait que la municipalité publie une photo d’un panneau Bouygues pour évoquer le projet de la Zac PLM. Nous rappelons avec insistance que la mairie ne saisit jamais les occasions qu’elle suscite pourtant elle même pour présenter le projet dans sa globalité, ni dans le nombre de logements créés, ni dans le nombre de logements détruits, ni dans la hauteur des bâtiments (pièce jointe n° 24).

Journal de Bois-Colombes n °94. Décembre Janvier 2012 Une et  pages 11 à 15

Nous dénonçons à nouveau le manque de réalisme du dessin de la une du journal. Il est anormal que la mairie ne joue pas la sincérité et ne présente pas un schéma réel, au lieu d’un dessin digne d’une plaquette publicitaire qui sous entend une taille du parc proche d’un parc tel que Bagatelle. La présentation du « canal » est particulièrement mensongère car ce « canal » n’est en réalité qu’un fossé, le plus souvent sec. De plus, compte tenu des consignes de sécurité, il n’est pas accessible au public, comme dit dans l’étude d’impact.

 En conclusion de notre argumentaire qui expose notre opposition au projet actuel de la Zac PLM,  nous signalons que comme signalé dans l’article Wikepédia consacré aux enquêtes publique l’enquête publique, seul vrai moment où les habitants peuvent s’exprimer, intervient à un moment très tardif de l’opération ce qui tend à la rendre caduque.

Le président lui-même des commissaire-enquêteurs réduit le rôle du commissaire-enquêteur à celui d’une explication du projet. Dans ces conditions, et dans la mesure où comme nous l’avons vu plus haut, les occasions pour les habitants de s’exprimer en pleine connaissance du dossier ont été inexistantes, c’est le principe même de concertation qu’on discrédite ainsi, on décourage l’engagement citoyen dans la vie de la cité

En conclusion, nous sommes totalement opposés au projet de la Zac PLM. Nous en demandons une réécriture qui tienne compte des habitants actuels, du bâti existant. Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, il est encore temps pour un véritable travail de concertation qui ne se réduise pas à une présentation d’un projet décidé en dehors des habitants. Nous pouvons partir de la situation actuelle et réunir architecte urbaniste, aménageur, riverains non expropriés, expropriables/expulsables, élus, représentants de l’économie locale, etc.

Le retard que l’on va nous opposer immédiatement  peut être largement rattrapé ensuite grâce aux bénéfices d’un assentiment collectif ainsi obtenu : de surcroit, la réécriture d’un projet concerté peut générer au final des économies qui profiteront à tous .la conviction est préférable à la brutalité. L’adhésion à un projet est préférable à un projet imposé de force.

Lettre au commissaire-enquêteur: partie 3

L’association conteste formellement que le projet actuel de la Zac PLM soit le résultat d’une concertation avec les habitants. Elle conteste également  que l’augmentation excessive des voies  du projet actuel de la Zac PLM soit d’intérêt public.

V. Nous contestons que le projet actuel de la Zac PLM soit le résultat d’une concertation avec les habitants :

A titre liminaire, nous dénonçons le sens très étroit que la municipalité donne au mot ‘concertation’.

Nous signalons qu’il existe une charte de la concertation existe depuis 1996 dans le cadre de l’aménagement du territoire afin d’aider une mairie à organiser une concertation.

Nous rappelons que  la charte propose 9 règles de bonne pratique. Ces règles font appel au bon sens, avec pour objectif la mise au point d’un projet qui corresponde le mieux aux attentes des habitants déjà présents sur le territoire.

Or la prétendue concertation organisée par la municipalité de Bois-Colombes n’a respecté pas cette charte, notamment la règle 1 ‘LA CONCERTATION COMMENCE A L’AMONT DU PROJET La règle 2 « LA CONCERTATION EST AUSSI LARGE QUE POSSIBLE ; La règle 4 « LA CONCERTATION EXIGE LA TRANSPARENCE » ; La règle 5 « LA CONCERTATION FAVORISE LA PARTICIPATION »; la règle 7 « LA CONCERTATION NECESSITE SOUVENT LA PRESENCE D’UN GARANT » ; la règle 9 “LA CONCERTATION FAIT L’OBJET DE BILANS ».

Nous dénonçons formellement que la communication municipale ne s’est donnée que l’apparence d’une information.

Nous n’avons pas été mis au courant des différents projets. Une seule des 3 propositions présentées par les 3 cabinets concourant en 2008 nous a été présentée : celle retenue par la mairie. Nous regrettons le manque de transparence et le manque de considération pour la population, à mettre en regard avec la démarche de transparence adoptée actuellement par  la municipalité de Meudon-la-Fôret, pour  l’écoquartier de la pointe de Trivaux, et dans le passé, par la commune du Blanc Mesnil par exemple.
La mairie a choisi l’architecte urbaniste puis l’aménageur sans expliciter son choix. L’architecte urbaniste n’est jamais venu expliquer et argumenter son projet auprès des habitants.

Pendant toute la phase d’élaboration et de concertation du PLU, aucune information ne permettait de comprendre que soit envisagé un projet d’une telle ampleur et avec de telles conséquences humaines.

Nous en donnons pour preuve que les habitants, y compris des futurs expropriés, ont du respecter la campagne de ravalement de la mairie, que des permis de construire ont été accordés, que des acquisitions de logements se sont conclues, logements qui, moins de 3 ans plus tard, seront inclus dans le périmètre de la Zac PLM.

L’information diffusée alors a constitué en une communication rassurante et consensuelle qui parlait de ‘préservation du tissu pavillonnaire ‘, de  REHABILITATION ou remplacement de l’habitat vétuste ou insalubre, protéger le tissu pavillonnaire.

Nous dénonçons le procédé de dissimulation de la seule information qui permettait de soupçonner le projet  et qui indiquait un périmètre depuis inchangé de ce qui allait être la futur Zac PLM.

Nous sommes choqués par le manque de sincérité et le manque d’effort pour rendre lisible le projet : en effet, il fallait maitriser le langage urbanistique pour deviner que cela  préfigurait une Zac.

Nous tenons à votre disposition des témoignages d’habitants du quartier Nord de la ville qui ont assisté alors aux réunions publiques tenues dans le cadre de la procédure d’élaboration et de présentation du PLU.

Nous dénonçons le fait que  le mot Zac ait été prononcé la première fois (à destination du grand public tout au moins) lors du conseil municipal du 5 juin 2007, quand la délibération annonçant le démarrage de la procédure de Zac a immédiatement suivi la délibération adoptant le PLU.

Nous rappelons avec force que les habitants ne disposent que de d’informations très vagues avec la même communications rassurante que celle employée pour les panneaux du PLU, pendant les 6 premiers mois de la concertation tant sur le site que sur les panneaux de présentation.

Nous disons avec force que le déficit d’information est manifeste, avec une seule et unique réunion d’information dédiée à la Zac PLM celle du 29 Janvier 2008.  Lors de cette réunion publique, La municipalité est passée du crayonné qui tenait lieu jusqu’à présent de plan de présentation à un projet complet pratiquement figé depuis.

De très nombreuses questions, majeures  sont restées sans réponse. Nous tenons à signaler l’ambigüité d’une situation dans laquelle un élu candidat tient une telle réunion (quasiment) en pleine  campagne électorale, refuse de répondre à des questions en les qualifiant de politiques (point de vue très discutable au regard des questions posées) et légitime depuis ce projet  par son élection.

Bien que cela ne nous aurait pas semblé devoir tenir lieu d’arguments, le commissaire enquêteur tout comme M. Révillon nous ayant présenté la communication électorale de la majorité municipale comme faisant partie des éléments d’informations mis à la disposition du public, nous sommes obligés d’aborder cette question. Nous constatons le caractère extrêmement consensuel et absolument non détaillé des documents diffusés lors de la campagne électorale de M. Révillon.  Qui ne pourrait souscrire à un projet résumé à ‘nous allons rénover et valoriser le quartier nord’, sans plus de détail ?

Notons que par ‘ pudeur’, le mot Zac n’est jamais employé et que les tennis (depuis abandonnés) sont LE projet fort du quartier nord et sont mentionnés plusieurs fois dans la brochure du programme électoral de M. Révillon.

Nous n’avons pas eu accès à l’information suffisamment tôt pour pouvoir en prendre connaissance.  Il y a eu une seule réunion d’information annoncée moins de 4 jours avant avec 20 minutes de présentation sur écran pour passer d’un crayonné grossier à un projet fini. Comment ,dans un temps aussi court, le comprendre surtout que s’ajoute à cela l’effet de surprise d’un projet inattendu compte tenu du peu d’éléments dont nous disposions jusqu’à présent ?

Nous rappelons que moins de 1 % du corps électoral était présent lors de la réunion de présentation en Janvier 2008  et a eu accès aux quelques informations encore très parcellaires fournies ce soir là. A charge pour eux de les diffuser au reste de la population ?

Nous signalons enfin que les représentations  du projet évolué n’ont été mises sur le site qu’à la mi mai 2008, en même temps que les 2 panneaux supplémentaires. C’est donc bien après le ‘verdict des urnes’  et les électeurs n’ont donc disposé que des informations fournies par les 4 premiers panneaux  durant la campagne électorale.

 Nous précisons que suite à la réunion de présentation, pendant encore plusieurs mois, les  panneaux en mairie et le site de la mairie ne présentent rien d’autre que les mêmes crayonnés antérieurs. Il n y’ a pas intégration des informations entendues lors de la réunion. Les 2  panneaux supplémentaires intégrant l’évolution du projet projetée le 29 janvier 2008, ne seront intégrés à la communication (hall de la mairie et site) qu’à la mi-mai.

Nous notons qu’une part importante de la concertation a été ‘confisquée‘ puisque seul les élus et quelques fonctionnaires ont eu accès aux remarques déposées en ligne (qui représentent  + de 75 % des contributions) et ont pu les « traiter «  de leur point de vue. Les contributions n’ont jamais été accessibles au reste de la population, et ce malgré des demandes répétées de diffusion ou de consultation.

La modification du PLU qui permis, selon la mairie, d’acter la ZAC PLM a été complètement escamotée : personne ne pouvait savoir que  le document fondateur de la Zac (étude d’impact) était joint lors de l’enquête sur le PLU. De surcroit,  on ne pouvait pas soupçonner que l’enquête concernait la Zac PLM puisqu’en commission Urbanisme, elle avait été présentée comme une enquête concernant des ajustements mineurs sur la Zac des Bruyères. D’où une participation extrêmement faible de la population.

La mairie considère que cette enquête valide le projet actuel alors qu’il a depuis cette première enquête connu des modifications majeures, avec la suppression des  tennis  et 70 % du nombre de logements privatif en plus.

Les documents essentiels et détaillés concernant la Zac PLM n’ont été mis à la disposition du public, sur le site de la mairie, que 2 ou 3 semaines avant le début de l’actuelle enquête publique. Pour l’anecdote, des riverains se sont déplacés pour demander à consulter les dossiers de la Zac PLM et se sont entendus dire que ces documents n’existaient pas et que les seules informations disponibles étaient celles du site de la mairie (or ces informations étaient très sommaires).

Aucune maquette du projet (qui, pour être compréhensible, doit inclure les bâtiments mitoyens conservés) n’a été présentée au cours de l’enquête publique actuelle alors que l’annonce (promesse) en a été faite lors de la réunion publique annuelle qui s’est tenue le 30 novembre 2001 à l’école Jules Ferry. Nous tenons l’enregistrement de la réunion publique à la disposition du commissaire-enquêteur et du préfet.

En aucun cas, l’espace de vente de l’aménageur ne peut tenir lieu d’espace d’information dans le cadre d’une enquête publique, tout comme les 3 maquettes des 3 premiers programmes immobiliers (maquette à vocation commerciale) ne peut remplacer la maquette complète du projet promise.

Nous sommes très choqués que la dimension humaine n’apparaisse jamais, une négligence qui confine au mépris.  C’est le cœur de tout aménagement urbain et ce n’est même pas évoqué. On peut dénoncer une absence totale d’analyse sociologique du tissu humain. La destruction de 280 logements et l’exclusion de 625 habitants tient en un tiers de page, quand cela devrait irradier tout le dossier d’impact.

VI. Nous contestons  que l’augmentation excessive des voies  du projet actuel de la Zac PLM soit d’intérêt public :

Le quartier Nord de Bois-Colombes est préservé d’une circulation excessive. Les rues y sont petites, voire même carrément toutes petites (avenue Vitel et Le Mignon). Les enfants peuvent tranquillement utiliser leurs trottinettes et leurs vélos pour aller chez leurs camarades. Les riverains se connaissent bien et les fêtes sont nombreuses, annexant souvent la chaussée.

Le quartier nord de Bois-Colombes va se trouver envahi de voitures et de camions, en raison de la multiplication des logements (plus de 1100  en tout) et de la création de nouvelles rues servant de voies de délestage.

Les 1100 logements prévus dans  notre quartier seront accompagnés de plus de 1500 parkings : Ces places de parking ne permettront pas de libérer nos trottoirs des voitures qui les encombrent, car aucun parking public n’est clairement prévu. Ces véhicules ne resteront pas immobiles non plus puisque l’étude de circulation (document de la Zac PLM)  annonce une multiplication par 4 ou 5 du flux résultant des nouveaux logements !

Nous dénonçons le fait que le quartier subira plus de pollution, de bruits, de bouchons et moins de sécurité pour nos déplacements, en particulier pour les enfants.

Le projet de la Zac PLM prévoit la création de rues et l’agrandissement de rue existante. Signalons par ailleurs que l’étude de circulation ne  prend aucunement en compte la circulation de transit passant par ces nouvelles rues.

Le dossier de réalisation de la Zac PLM prévoit un  prolongement de la rue Benamou, en l’élargissant de 40 %, puis de 70 % ; la rue Benamou atteindrait alors une largeur de 14 mètres (pour comparer, l’avenue d’Argenteuil a une largeur de 16 m !).

 Les rues du quartier Nord vont aspirer les véhicules. Pourquoi ? a) Parce que l’espace pour la circulation automobile sera réduit au moins de moitié, au carrefour des Quatre Routes, ainsi qu’Avenue d’Argenteuil , avec la suppression de 2 voies, incitant les véhicules transitant par l’avenue Argent Sarre à emprunter des itinéraires de »délestage », ce que sera précisément la nouvelle voie. Ainsi les rues Hoche, Gramme, et même la rue Abbé Glatz seront utilisées pour éviter le carrefour des Quatre Routes et nul doute que les GPS identifieront très rapidement ce moyen d’éviter les bouchons. Ces trajets débouchent tous dans   la rue Benamou  prolongée. De  même, les rues Marcel Binet et Claude  Mivière permettront aux véhicules en provenance de l’Avenue d’Argenteuil d’éviter les 4 routes et agent Sarre. La suppression de stationnements de surface aidera à fluidifier la circulation. b) Parce que le parcours du T1 préconisé par Mr Révillon pourrait entrainer encore un flux supplémentaire de voitures. En effet, les véhicules venant de Nanterre ou de la gare de Colombes et empruntant la rue de l’agent Sarre arriveront devant un sens interdit au carrefour des écoles et seront alors obligés de passer par le quartier Nord de Bois-Colombes.  L’élargissement de la rue Benamou est précisément très adapté à cet afflux de circulation supplémentaire.

Le  quartier n’étant sillonné essentiellement que par des rues à sens unique, les voitures passeront forcément par des voies aujourd’hui utilisées essentiellement par les riverains et souvent à pied, et beaucoup pratiquement sans trottoirs… d’où une aggravation des dangers pour les enfants et les piétons.

Le périmètre de la Zac PLM n’est pas étanche aux quartiers voisins. Toutes les études du dossier ne prennent jamais en compte les évolutions en cours du quartier (les programmes immobiliers, modification des voieries).

 

Prix de vente incompréhensibles : suite

Notre premier article partait du principe que la mairie ne peut vendre des parcelles à un prix inférieur à celui auquel elle les a acquises.

Or la délibération du conseil municipal du 5 juillet 2010 révèle un montage financier très avantageux pour Bouygues.

La mairie décide de vendre les terrains en bloc. L’évaluation des Domaines pour l’ensemble des parcelles est de 9 975 000€. La mairie décide de vendre à Bouygues l’ensemble des biens communaux pour 7 762 842€ car elle a décidé d’accorder une remise à Bouygues Immobilier  pour le portage foncier* des terrains.

Montant de la ristourne accordée à Bouygues : 2 212 218€.

Il est prévu dans le traité de concession que Bouygues paiera l’ensemble des terrains une fois que le Permis de Construire du terrain Le Mignon sera définitif**.

Bouygues a commencé en septembre la commercialisation des 3 premiers programmes et annonce un début de construction pour le début 2012.

En France, on ne peut pas construire sur un terrain dont on n’est pas propriétaire. Il n’y aura donc pas de portage foncier pour les programmes Vert Vitalité, Vert Nature et Vert Harmonie. Le portage concerne uniquement les terrains communaux sur lesquels seront construits les phases 2 à 4.

Le prix payé par la municipalité pour les terrains concernés par les phases 2 à 4  est de 2 729 273€, à comparer avec le prix de la remise, 2 212 218€.

Bouygues paie donc seulement 517 000€ des terrains que les habitants de la ville de Bois-Colombes ont payés 2 729 273€.

Le montage financier très avantageux pour Bouygues nous semble contradictoire avec la lettre du maire du 5 juillet 2011 qui précise :

« Il est important de souligner que cette opération n’est pas subventionnée par la commune  et que c’est l’aménageur, Bouygues, qui prendra à sa charge la totalité des coûts et des risques de cette opération d’aménagement ».

Décidément,  nous avons le sentiment que tout au long de l’élaboration du projet actuel de la Zac,  les intérêts de l’aménageur ont primé sur ceux de la collectivité !

 *On appelle « portage foncier » le fait d’acquérir et/ou de conserver la propriété d’un terrain dont on n’a pas l’usage immédiat, ce qui génère des frais financiers ; par exemple les intérêts du prêt contracté pour acheter un terrain.

** Le permis de construire devient définitif une fois les recours éventuels purgés.

Prix de vente incompréhensibles

Selon l’acquéreur, le prix d’un terrain à bâtir peut fortement fluctuer à Bois-Colombes : voici 3 exemples  de ventes qui se passent quasiment en même temps.

 En Mars 2010, la mairie signe un protocole de vente  à Bouygues, à un prix de 394€/m2pour les squares Pompidou et le Mignon (4,073 millions € pour 10 326 m2)

En Mai 2010, les Domaines évaluent  à 2000€/m2 une parcelle revendue par Sefri-Cime au département des Hauts-de-Seine (4 rue de Bois-Colombes : 170 000 € pour 85 m2).

En octobre 2010, le promoteur Franco-Suisse acquiert un terrain pour 3000€/m2 (1 rue Chefson : prix 2,4 millions €  pour 810 m2).

Quand un promoteur est soumis aux contraintes des règles du marché de l’offre et de la demande, il doit s’attendre à Bois-Colombes à payer de l’ordre de 3000€/m2 pour un terrain à bâtir. Mais quand Bouygues achète un terrain à la commune de Bois-Colombes, il ne le paie que 394 €/m2 !

Pour justifier le prix aussi bas, la mairie s’appuie sur la validation par les Domaines. Nous sommes troublés par cette estimation très basse  des Domaines à deux titres :

En premier lieu, la validation par les Domaines intervient plusieurs mois après l’accord passé entre la mairie et Bouygues ;

En second lieu,  nous remarquons qu’à quelques jours d’intervalle, les Domaines fournissent une estimation à 2000€/m2 quand un promoteur (Sefri-Cime) vend un terrain à la collectivité et seulement 394€/m2 quand la collectivité vend à un promoteur (Bouygues).

On a le sentiment qu’on ne prend pas en compte l’intérêt public. Nous subissons une amputation de nos espaces verts,  à des conditions que nous comprenons de moins en moins.

Croquemitaine

Dans le quartier Nord de Bois-Colombes, on croule sous les affichages de Permis de Construire et Démolir: Permis de Construire pour le square Pompidou, Permis de Construire pour le 1 rue Gramme, Permis de Démolir  de l’immeuble du 38 Lépine,  Permis de Construire  pour le square Le Mignon,  Permis de Démolir …

Une multiplication des actes en très peu de temps qui confine au rouleau compresseur, cela alors que l’enquête d’intérêt public est  en cours et ce jusqu’au 17 février. Le message que la mairie veut nous envoyer est très clair: cette enquête n’est qu’une formalité ! Et pourtant la loi dit le contraire ! Alors que faut il croire ?  Le commissaire enquêteur ne serait t-il qu’une marionnette, là que pour donner l’illusion de la concertation et du débat démocratique ?

Tout cela s’inscrit d’ailleurs dans le prolongement du matraquage marketing démarré conjointement par Bouygues et la mairie dès le mois d’août :

  • Plus  de 30 panneaux publicitaires, tout cela sur quelques dizaines de mètres ;
  • Le site internet de Bois Colombes renvoyant sur le site commercial de Bouygues dès qu’on clique  « pour plus d’information » ! *
  • la commercialisation par Bouygues des programmes, sur des terrains pas encore payés et sans permis de construire, avec ouvertures de bureaux de vente un  peu partout dans la ville.

 Le message  de Bouygues est clair, la mairie nous a donné les clefs du territoire. Le fait est qu’il y a là une part de vérité quand on lit dans le traité de concession

 Et dans le même temps,  la mairie dégrade le quartier, rase des pavillons en parfait état sur des parcelles sur lesquelles la construction ne commencera que dans 3 ou 4 ans !

Selon la mairie, il faut les démolir « pour éviter l’installation de squatts». Est-ce que c’est la première chose à faire quand ils invoquent le besoin de logements pour justifier l’opération.  Ailleurs, la mairie loue temporairement les logements qu’elle a acquis et ce jusqu’au début des travaux.

Non, la véritable raison est bien plus cynique. Il faut rendre le quartier insupportable, sinistre, y compris même en supprimant les quelques guirlandes lumineuses qui décoraient au moment de Noël la place Larribot ou le square Pompidou ! La mairie a fièrement  annoncé avoir installé 4 kilomètres de guirlandes dans Bois-Colombes,  et n’a même pas trouvé quelques mètres pour la Zac Nord.

 Surtout pas ! Tous les moyens sont employés par la mairie pour dévaloriser le quartier. Ainsi, pour les riverains, ceux qui n’auront pas été chassés, Bouygues et la mairie apparaitront comme les « sauveurs » de ce quartier qu’ils se seront préalablement employés à dégrader.  Les habitants n’auront alors d’autre choix que d’accepter ce qu’ils auraient refusé à l’origine.

Non, il ne s’agit pas d’un fantasme, bien au contraire.  Cette stratégie de dégradation d’un quartier est connue depuis des années et décrite dans ses moindres détails : on peut même trouver le mode d’emploi (http://s331669971.siteweb-initial.fr/urbanisme-%C3%A0-visage-humain/  )

Et la méthode est bien au point: en même temps qu’elle  dégrade, la mairie fait PEUR.

Vous vous rappelez quand nous étions enfants, nos parents nous menaçaient du Croquemitaine pour nous obliger à manger des choux de Bruxelles.

Ici avec la mairie, c’est « ON » qui tient le rôle du Croquemitaine. Si vous n’êtes pas dociles « ON » peut encore densifier plus, « ON » peut vous mettre aussi à la place des tours.

Alors restez chez vous, n’intervenez pas pendant l’enquête publique ou seulement pour applaudir le projet car sinon, le pire est à craindre  … ! Car « ON » est en embuscade !

 STOP ! Nous refusons de nous laisser ainsi infantiliser. Nous ne nous laissons pas manipulé par la peur , nous sommes des adultes ayant les même capacité d’analyse et de réflexion qu’un élu. Notre refus du projet de la ZAC est étayé par des avis d’experts.

Examinons posément la situation : Quelles sont les raisons de la mairie pour imposer une Zac dans le quartier Nord ?

Le manque de logements en France :

Et on commence par doubler le déficit de logements, à l’échelle Bois-Colombes, en en détruisant 240 avant d’ avoir construit le premier ?

Et on construit des appartements de luxe alors que les ménages qui ne trouvent pas de logements  appartiennent aux classes moyennes ou modestes,

Et on affirme que Bois-Colombes devrait augmenter son parc de logements de plus de 20 %,   alors que les besoins, en France, représentent  3% des logements existants, selon les estimations les plus fortes.

 Tout cela est il cohérent ?

Tout aussi peu cohérent que de priver  10 000 habitants de 35% d’espaces verts publiques pour que 60 privilégiés aient vue sur le square ! Car telle est la conception d’un éco quartier pour Bouygues  et la mairie.

 Agiter la menace de tours supplémentaires, comme seul argument pour défendre le projet est faire injure à l’intelligence des habitants.

Nous ne nous laissons pas abuser par des explications sommaires. Il n’existe pas de vérité établie et tout doit être démontré, prouvé et justifié.

Exprimons un avis clair dans les registres  de l’enquête publique.  Exigeons des  réponses  autres que  « tout le monde le sait », » c’est comme cela », « cela pourrait être pire ».  Refusons  cette infantilisation et  exigeons  que notre futur quartier soit réalisé AVEC nous et non pas par des gens qui s’autorise à penser à notre place.

* Sur le site de la mairie, donc du service public (http://www.bois-colombes.com/pratique/urbaplu.php), quand on clique sur le bandeauOn tombe directement sur un site marketing Bouygues, une entreprise privée !!

Joyeux Noël aux expropriés de la Zac Nord !

Un cadeau sinistre et cynique offert par la mairie

Les 23 et 24 décembre, l’ambiance était joyeuse, place Jean-Mermoz : guirlandes, sapins, excitation  de la fête familiale toute proche. A quelques mètres de là,  dans le bureau de poste, le  contraste était saisissant : C’était le défilé sinistre des habitants qui venaient retirer la lettre leur annonçant que la mairie engage contre eux des procédures  pour  essayer d’obtenir leur expropriation.

Cette lettre annonce l’enquête publique, une démarche qui doit conduire à notre dépossession. Car tel est le terme juridique exact. La mairie se garde bien de l’employer en public (il ne faudrait pas que les administrés prennent la juste mesure de la violence qui nous est infligée).  Alors la municipalité n’emploie que les termes de cessibilité, vente amiable, expressions qui sous entendraient une démarche volontaire alors qu’il il s’agit d’une situation de spoliation.

Une méthode pour casser les résistances

Pourquoi avoir choisi d’envoyer cette lettre précisément juste avant les fêtes de Noël, quand il est indiqué dans ce courrier qu’elle devait être envoyé   avant le 16 janvier 2012 (*).

La date a été choisie délibérément dans le but de blesser et d’affaiblir les  expropriables pour essayer de briser leur résistance !  Le message est clair : vous ne vous soumettez pas ? Alors on ne vous on laissera aucun répit et tout sera mis en œuvre pour vous gâcher la vie. On transgresse jusqu’à cette tradition  de la trêve de Noël, pourtant respectée lors des conflits les plus violents et même par les mafieux.  Mais à Bois-Colombes et chez Bouygues, on n’est pas là pour faire du sentiment, on est là pour faire des affaires.

On nous  rétorquera sans doute la main sur le cœur que c’est un procès d’intention : la date de Noël a  été choisie par hasard. Mais bien sûr !  Deux années de suite, 2010 et 2011, les fêtes de Noël  ont été des moments gâchés par des courriers envoyés par la mairie. En 2010, les expropriés avaient déjà reçu une lettre qui les  enjoignait de se mettre en relation avec les services de l’urbanisme, afin de procéder à la cession de leur bien. Les propriétaires expropriables étaient priés d’aller ailleurs. Rien ne  justifiait le moment choisi si ce n’est l’application méthodique des techniques  bien connues d’affaiblissement psychologique de « l’adversaire ».

Elus, fonctionnaires, commerciaux de Bouygues,  tous ces gens s’acharnent à faire notre bien malgré nous, tendus vers un seul but améliorer les profits du promoteur. Et pour cela, on n’hésite pas à avoir recours aux méthodes les plus brutales : Ils ne partent pas « de leur plein gré », ils ne comprennent pas la « persuasion » alors on les harcèlera, on les démolira psychologiquement car il faut à tout prix les faire partir sans en passer par la procédure d’expropriation tellement incertaine et beaucoup plus coûteuse pour l’aménageur.

Une indifférence à la souffrance des expropriés

Depuis l’annonce de la création de la ZAC, Mr Révillon n’a jamais eu le moindre regard pour les expropriés.  Ses seuls mots ont été  » on ne peut faire d’omelette sans casser d’œufs ». Au mieux,  concède-t-il qu’ « une expropriation, cela peut être désagréable ! ». Mais que les expulsés lui racontent leur quotidien, celui de leurs enfants, cette angoisse qui les étreint, ces cauchemars qui les réveillent la nuit et les anti dépresseurs pour supporter cette situation,  il répond, méprisant, «  Arrêtez de faire du Zola ».

Alors, pour le conseil municipal et Mr Révillon qui osent en douter, soyons précis : Oui, une expropriation est traumatisante. Elle  implique désarroi, souffrance, angoisse face à un avenir brusquement assombri. De manière arbitraire, l’avenir de centaines de personnes est décidé par un individu qui a décidé de lancer un programme immobilier dans notre quartier et on a recours à une brutalité  méthodique, calculée, glaciale, infligée à des personnes qui n’ont comme seul tort  d’avoir acheté un logement sur ces terrains cochés  par la mairie.  Un maire est élu pour défendre précisément les intérêts de chacun des administrés, si petit, si modeste, soit-il, indépendamment de son origine, de son parcours. Chacun des expropriés a des attaches dans la ville de Bois-Colombes, et pourtant on  constate les  pressions violentes exercées par ceux là même dont le rôle est de les protéger et de défendre l’intérêt  collectif.

Une opération qui écrase des petits et profite à Bouygues

Une ZAC est, rappelons le une nouvelle fois, censée être une Zone d’Aménagement Concerté et doit pouvoir répondre à des critères d’intérêt public.

Les expropriables ont cru, en devenant propriétaires, se garantir au moins la sécurité d’un toit dans une société où l’incertitude de l’avenir est devenue la norme. Mais aujourd’hui, la municipalité décrète qu’ils doivent laisser leur place à des plus aisés (qui peuvent investir), des plus jeunes (qui eux ont accès au crédit), ou …. des plus beaux ?

Aujourd’hui, ces expropriables ne sont plus qu’une variable d’ajustement, un pourcentage de la marge bénéficiaire du promoteur. Et comble de l’immoralité  de la situation : c’est une parodie  d’intérêt public.

Les expropriés ne sont pas des marchands de sommeil …

Et les marchands de sommeil ? Trépigne une élue qui pour justifier l’injustifiable recours au   discrédit, voire à l’opprobre, en répandant sur tous un insidieux poison. Qui ? Où ? Marchands de sommeil, ces retraités modestes qui après 40 années de travail ont acheté un appartement mis en location pour s’assurer un petit revenu de complément ?

Et les « logements insalubres » Aboie un autre élu ? Une vingtaine identifiée comme éventuellement  vétuste  sur les 240 voués à la démolition. Avec de tel ratio, c’est tout Bois-Colombes que l’on peut raser demain ! L’honneur d’une municipalité, c’est de mettre en place les moyens de rénovation prévu par la loi, telle que « l’aide à la pierre ». Or la mairie a même empêché les propriétaires de rénover : Il fallait préparer le terrain pour l’aménageur !  Que deviendront les occupants ? Peu importe, ils ne sont pas protégés. Alors ils iront ailleurs,  éloignés de leurs amis, de leur travail, de leurs camarades de classe.  Des liens  tissés parfois depuis des dizaines d’années que l’on pulvérise.

Mais cela importe peu à cet élu qui ose déclarer « mais on  ne chasse pas, on déplace » : cynisme assumé  qui ose tout,  jusqu’à employer  cette expression pourtant marquée d’une  connotation  historique effarante.

Qu’ont fait les expropriés pour susciter autant d’indifférence ou de mépris ? Ils ont comme seul tort aujourd’hui d’habiter les biens convoités par la mairie, cette mairie qui décrète que l’intérêt privé d’un promoteur est d’intérêt public.

 Noël 2011, Mr Révillon a déclaré l’ouverture du bal pour les prédateurs.

(*) « …à chacun des intéressés, séparément au mari et à la femme, sous pli recommandé avec accusé de réception avant le 16 janvier 2012, date de l’ouverture de l’enquête… »