Lettre au commissaire-enquêteur: partie 2

Notre contribution a également porté sur les espaces verts et sur les équipements publics destinés aux enfants. Nous contestons que le projet de la Zac PLM soit d’intérêt public en ce qui concerne les espaces verts.  Nous contestons  l’argument d’intérêt public de l’actuel projet Zac PLM, pour ce qui est de la question de l’accueil des enfants.

III. Nous contestons que le projet de la Zac PLM soit d’intérêt public en ce qui concerne les espaces verts  pour les raisons suivantes:

 La vente de plus de la moitié du square Pompidou et de la totalité du square le Mignon  aboutit à une perte d’espaces verts publics.

 L’îlot le Mignon perd ses espaces verts. Supprimer des espaces verts de proximité est une perte de qualité de vie et de service car devoir effectuer des déplacements pour accéder à un espace vert conduit les gens à en profiter moins souvent.

Le terme de terrain vague employé par les documents de la Zac  pour le square le Mignon est un terme impropre. Il a été un espace vert public, que la municipalité a choisi de fermer au public.

La ville de Bois-Colombes fait partie des villes qui comptent le moins d’espaces verts par habitant. De surcroit, le nord de la ville est déjà particulièrement mal loti et la réalisation de la Zac  PLM auquel il faut ajouter le programme Smirlian et s’il se réalise  le projet Argenteuil-Bourguignons) accentuera le déficit.

L’abattage de plusieurs dizaines de grands arbres âgés de plusieurs décennies est préjudiciable à l’environnement du quartier, alors que tous les experts en écologie urbaine  jugent prioritaires de les préserver en milieu urbain. Plusieurs végétaux, même d’âge moyen, ne suffisent pas à compenser une telle destruction.

La construction d’immeubles, de routes ou de voies bétonnées, pavées ou goudronnées, augmente considérablement l’imperméabilisation des terrains et donc les risques d’inondation pour les parcelles riveraines.  Nous ne trouvons pas dans les études des éléments tangibles qui garantissent que les propriétés restantes ne seraient pas menacées par une augmentation des risques d’inondation.

Il est incohérent de déplacer un square: la seule explication donnée pour justifier ce déplacement est de permettre à une soixantaine de logements d’avoir une vue sur le parc. Cette vue sera soustraite à un nombre équivalent de logements existants.

Le coût du déplacement du square Pompidou sera supporté par la collectivité puisque les expropriations situées sur l’emprise du futur square seront à la charge de la municipalité.

 Nous contestons la mise en valeur dans le dossier de l’enquête préalable les voies de circulation douce. La voie piétonne, le long du futur parc, d’une longueur de 160 mètres, se finit en cul-de-sac puisqu’elle débouchera sur une voie de circulation et de transit. Cette voie piétonne ne fait pas partie d’un plan de liaisons douces. Elle ne fait que relier deux rues.

Nous contestons la présentation du parc Pompidou, non conforme à la réalité. On présente un parc d’un seul tenant ce qui ne sera que deux squares se faisant face et séparés par une rue. Les deux squares seront entourés de grilles, qui sont escamotées dans les documents présentant le projet de la Zac PLM, en particulier dans le journal de Bois-Colombes ou dans les affiches et plaquettes de présentation de l’aménageur.

Nous dénonçons l’escamotage des grilles entourant le parc, ce qui entretient l’illusion d’un parc accessible en permanence, comme peuvent l’être certains parcs urbains.

Nous dénonçons la communication volontairement trompeuse installée dans le hall de la mairie et sur le site Internet, qui a choisi de ne présenter que des plans.  Les toits végétalisés induisent en erreur sur  la superficie d’espaces verts publics et privatifs réellement crées: ces toits végétalisés, (seront ils maintenus lorsque les copropriétés connaitront le coût de leur entretien?) ne sont pas des lieux accessibles au public.

Nous dénonçons le déplacement d’un espace vert. On  a choisi de déplacer le futur parc  uniquement pour valoriser le programme immobilier. Le futur parc sera ceinturé sur 3 faces (et bientôt peut-être 4?) par de futurs immeubles: Cela apparait nettement dans l’étude d’impact, au paragraphe ‘Principes d’aménagement’ il est clairement précisé que la motivation est  ‘augmenter la présence du parc Pompidou en cœur d’îlot et  EN FAIRE PROFITER AU MAXIMUM LES NOUVELLES CONSTRUCTIONS’.

De fait, on soustrait le square aux actuels habitants pour le transférer aux nouveaux logements.

 Nous contestons l’emploi a posteriori de l’expression ‘écoquartier’, employé uniquement à partir de l’été 2011 avec les panneaux marketing de l’aménageur et ensuite dans le dossier préalable à la déclaration de l’enquête publique. L’emploi de l’expression écoquartier induit en erreur car elle donne l’illusion que le futur aménagement de la Zac PLM souscrit aux critères de la charte de l’écoquartier, proposé par le ministère de la ville.

Nous demandons que soit publié un démenti de la part de la municipalité et que l’abandon de l’expression écoquartier soit expliquée dans le journal de Bois-Colombes.
Nous rappelons que pour ce qui est des critères environnementaux, nous sommes face à une application quasi à minima des règles imposées par le grenelle de l’environnement pour tout Permis de construire déposé à partir de 2013. Nous sommes très loin des écoquartiers dont on peut très facilement trouver des exemples, notamment en milieu urbain (Zac de la Bonne Grenoble ZAC de la Courroye à Rennes, quartier Andromède à Toulouse).

Nous déplorons l’opposition farouche quasi obsessionnelle manifestée par la mairie vis-à-vis de la densification verticale. A une densification verticale , on substitue une densification horizontale dévoreuse d’espace foncier ce qui est en contradiction avec les recommandations tant du grenelle de l’environnement que du SDRIF.

Cette approche confine ici à l’absurde car elle cause des dommages irrémédiables par la perte d’espaces verts publics.  Il faut ainsi constater que le lot E (qui détruit 3 575 m2 d’espaces verts publics et les immeubles de fond de parcelle construits sur le terrain Le Mignon)  représente à peu près 15% de la SHON logement totale construite.

Nous remarquons qu’y renoncer permettrait d’augmenter de 35 % le parc Pompidou et de donner un grand espace de jeux au centre de loisirs.   Une partie de cet espace pourrait même être même aménagé pour devenir un square de proximité pour les immeubles construits aux alentours, aux heures de fermetures des centres de loisirs.   Cette solution aurait l’avantage d’alléger la densification du quartier nord.  Les m2 de logements pourraient être récupérer un peu partout sur les futurs programmes de la ville y compris en partie sur la ZAC PLM  et à l’extrémité du programme Smirlian dont l’aménageur est également Bouygues.

Nous faisons remarquer qu’en jouant ponctuellement avec la densité verticale pour quelques immeubles, on pourrait récupérer tout ou partie de la SHON de  logements ‘perdus’. Cette solution a l’avantage de ne pas affecter l’équilibre financier de la ZAC PLM et le très grand avantage d’augmenter sensiblement  la surface d’espaces verts publics si nécessaires dans une ville dans laquelle plus de 80% des ménages habitera en appartements.

 IV. Nous contestons  l’argument d’intérêt public de l’actuel projet Zac PLM, pour ce qui est de la question de l’accueil des enfants.

Nous regrettons que les 7 classes et 40 berceaux de la crèche pris en charge par l’aménageur ne sont créées que pour couvrir que les besoins générés par son programme immobilier. Ils ne sont pas destinés aux actuels enfants de la commune.

L’étude derrière laquelle la mairie se retranche pour valider l’estimation du nombre d’enfants des nouveaux logements a été réalisée après le traité de concession.

L’école St Exupéry, actuellement école primaire, sera transformée en groupe scolaire regroupant classes maternelles et primaires. 10 classes nouvelles seront créées : l’une d’entre elle est destinée à accueillir les enfants d’une classe supprimée à l’école Jules Ferry.  7 classes correspondent à la Zac PLM. N’oublions pas que 3 programmes immobiliers vont directement impacter les écoles du quartier Nord : la Zac PLM (1100 à 1200 logements dont 140 logements étudiants pour 240 détruits soit un solde de 750 logements « familiaux »), le programme Smirlian (80 logements) et l’opération de réaménagement Argenteuil-Bourguignon (120 logements).

Il ne s’agit pas d’une création de centre de loisirs mais d’un déplacement du centre aéré Abbé Glatz, qui s’accompagne d’une très forte diminution des espaces de jeux extérieurs.

Aucune étude sur la cohabitation entre les centres de loisirs au rez-de-chaussée et les logements aux étages n’est fournie dans les dossiers.  Cette cohabitation conduit souvent à des restrictions des jeux autorisés dans les espaces extérieurs et des horaires  d’utilisation.

On pouvait utiliser l’espace de l’actuel centre de loisirs Abbé Glatz en construisant enfin de locaux dignes et adaptés et  en conservant l’espace extérieur actuel. On sait que les enfants ont besoin de bouger beaucoup : c’est d’ailleurs un élément très important de lutte contre l’obésité.

Nous contestons le choix de la municipalité qui trouve normal de détruire un grand nombre de logements du quartier Nord pour installer en rez-de-chaussée d’immeuble des centres de loisirs.

Nous notons que quand la municipalité crée ou rénove un équipement public dans le centre ou le sud de la ville, elle passe par un investissement ferme, sans contrepartie. Pour bénéficier d’équipements publics, le quartier Nord,  en contrepartie, doit à chaque fois subir des  pertes d’espaces publics, des expropriations et des constructions importantes de logements privés conditionnent l’obtention d’équipement.

Compte tenu des nombreux programmes immobiliers en cours ou en projection, la population augmentera de près de 5000 habitants  (avec près de 2300 logements) à l’horizon 2020. Les projections des effectifs des écoles n’ont pas retenu ces chiffres réels puisque la mairie parle de 30 0000 habitants et alors qu’il s’agit en réalité de 33 000 habitants à l’horizon 2020.  Nous sommes très inquiets de ces chiffres inexacts.

 La municipalité a fait calculer de façon statistique le nombre d’enfants quittant la ZAC PLM.  L’étude d’impact a comptabilisé que 66 enfants étaient supposés quitter le quartier Nord.  Nous contestons ce mode de calcul: en effet,  l’étude a été réalisée postérieurement à l’étude des besoins scolaires. Il n’est pas sérieux scientifiquement de fixer définitivement le nombre de classes à créer, avant même d’avoir réalisé l’étude des besoins scolaires.  Entre les deux études d’impact, malgré un quasi doublement des logements créés, le nombre de classes nécessaires n’a pas changé. Ceci a été obtenu grâce à une très forte réévaluation des enfants quittant le quartier du fait des destructions des logements. Ce chiffre a été obtenu par projection statistique, au lieu de réaliser un comptage exact, au moyen des adresses des parents d’élève dont la mairie dispose. Or la population des logements détruits est très majoritairement installée de longue date et donc avec peu d’enfants scolarisés en maternelle et primaire.

La moitié des logements concernés par la Zac PLM, a été déjà vidée, en particulier l’immeuble HLM du 38  Lépine (114 logements).  L’association a rencontré les familles et il reste actuellement moins d’une quinzaine d’enfants.

 Nous regrettons très fortement qu’aucun document de prenne en compte l’arrivée des collégiens ou des lycéens qui accompagneront la très forte augmentation des habitants du quartier Nord (+ 20%).

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